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Attaque de Paris: L'assaillant, un Français né en Tchétchénie connu des renseignements

Dimanche 13 Mai 2018 Par Laquotidienne

 L'attaque au couteau à Paris revendiquée par le groupe Etat islamique, qui a coûté la vie samedi soir à un passant, a été perpétrée par un Français de 20 ans né en Tchétchénie et connu des services du renseignement français, dont les parents ont été placés dimanche en garde à vue.

Selon une source judiciaire, le jeune homme, abattu par les policiers juste après l'attaque, est un Français né en novembre 1997 en Tchétchénie, petite république musulmane de la Fédération de Russie dont la rébellion séparatiste, de plus en plus islamisée, a entraîné deux guerres depuis le début des années 1990.

Selon l'agence de presse publique russe Ria Novosti, l'ambassade de Russie en France a demandé aux autorités françaises des "informations sur la nationalité de l'assaillant".

"Son père et sa mère ont été placés en garde à vue dimanche matin", a précisé à l'AFP une source judiciaire, ajoutant que l'assaillant "n'avait pas d'antécédent judiciaire".

Le jeune homme figurait en revanche sur le fichier "S" des services du renseignement français, ont indiqué des sources proches de l'enquête, sans en préciser les motifs. Le fichier "S" regroupe plus de 10.000 personnes dont pour moitié environ des islamistes radicaux ou des individus pouvant avoir un lien avec la mouvance terroriste, ainsi que des hooligans et des membres de groupes d'utra-gauche ou d'extrême-droite.

Un passant français, âgé de 29 ans, a été tué et quatre personnes blessées par cet homme armé d'un couteau qui a crié "Allah Akbar", selon des témoins. Les blessés sont hors de danger, a indiqué dans la nuit le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a frappé plusieurs fois la France depuis 2015, a rapidement revendiqué l'attaque.

"La France paye une nouvelle fois le prix du sang mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté", a réagi le président Emmanuel Macron sur Twitter.

Le Premier ministre Edouard Philippe a salué "l'exceptionnelle réactivité des forces de police", dont l'intervention en quelques minutes a permis d'éviter "un bilan plus lourd".

L'agression a eu lieu peu avant 21H00 (19h00 GMT) en plein coeur de Paris, dans le quartier de l'Opéra Garnier, un lieu touristique fait de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir.

"A ce stade et sur la foi d'une part de témoignages faisant état du fait que l'agresseur a crié +Allah Akbar+ en attaquant les passants au couteau", et "compte tenu du mode opératoire, nous avons saisi la section antiterroriste du parquet de Paris", a déclaré le procureur de la République François Molins.

Un policier a fait usage d'un pistolet à impulsions électriques pour maîtriser l'assaillant, qui avait menacé les forces de l'ordre. Puis un deuxième fonctionnaire de police lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement, selon une source policière.

Quatre personnes ont été blessées, dont un Luxembourgeois de 34 ans, blessé au dos selon des sources policières, qui a été transporté en "urgence absolue" à l'hôpital parisien Georges-Pompidou.

La personne la plus grièvement blessée "est sauvée", s'est réjoui dans la nuit Gérard Collomb, deux ans et demi après les attentats sanglants du 13 novembre 2015 qui avaient fait 130 morts à Paris.

"On a entendu deux coups de feu, on ne savait pas ce que c'était, on a vu des gens partir en courant et on est partis en courant aussi", a témoigné Sébastien, qui se trouvait à la terrasse bondée d'un café avec deux amis dans le quartier de l'Opéra.



La grande mosquée de Paris a déploré "une attaque lâche et barbare qui ne peut se réclamer d'aucune religion et que nous condamnons fermement".

A droite et à l'extrême droite, on appelait l'exécutif à la fermeté dans l'action contre le jihadisme.

"Dans la guerre contre le terrorisme, les mots ne suffisent pas, il faut des actes", a tweeté le président des Républicains (droite), Laurent Wauquiez.

"Maintenant nous attendons une information essentielle", a asséné sur le même réseau Marine Le Pen, présidente du parti d'extrême droite Front national: "Par quelle filière ce terroriste islamiste et sa famille sont-ils présents sur notre territoire?"

Un grand nombre de personnes originaires du Caucase du Nord, dont la Tchétchénie, ont rejoint les rangs de l'EI en Syrie et en Irak.

Cette attaque porte à 246 le nombre de morts dues à des attentats sur le sol français depuis 2015. La dernière attaque meurtrière était survenue le 23 mars dans le sud-ouest.

La France fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre l'EI. Dans sa revendication, l'EI affirme que l'assaillant de Paris a agi "en représailles envers les Etats de la coalition".

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