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Jerada : Rabbah en mode sapeur pompier

Jeudi 04 Janvier 2018 Par Laquotidienne

Ce n’est qu’après l’éclatement des conflits sociaux que les politiques se mettent en ordre de bataille. Toujours dans la réaction, plutôt que dans l’action. Mercredi, le ministre de l'Energie, des Mines et du Développement durable, Aziz Rabbah, s’est donc rendu à Jerada pour tenter d’y éteindre le feu.

Lors d’une rencontre tenue avec, entre autres, les présidents et membres des conseils élus et des représentants des partis politiques, il a donc dégainé les mesures qui seront initiées, à travers notamment un plan d’action bien défini, avec des engagements clairs pour promouvoir le développement socio-économique de la province. «Nous cherchons à élaborer un modèle de développement pour cette province» dans le cadre d’une approche participative, a-t-il dit, mettant l’accent sur «la création d’emploi pour la préservation de la dignité des fils de la province».

Rabbah affirme ainsi que parmi les actions qui seront mises en œuvre, il y aura :

  • la mise en place d’une carte géologique de la province pour explorer les potentialités minières dans cette région;
  • le lancement d’une étude sur les conditions de sécurité dans les puits de charbon.

Si ce n’était la gravité de la situation qui prévaut actuellement à Jerada, ces déclarations auraient prêté à sourire. Car Rabbah donne vaguement l’impression de découvrir une situation qui dure… depuis 17 ans. Depuis la fermeture des mines en 2000.
 
Oui, Jerada, comme tant d’autres localités du Royaume, est une province sinistrée. Longtemps exclue du processus de développement socio-économique. Jusqu’à ce que les populations crient leur ras-le-bol et suscitent l’attention des autorités.

Faudrait-il donc que les citoyens battent le pavé pour qu’on leur accorde de l’intérêt ? A l’évidence, oui. En tout cas, cela tend à devenir une fâcheuse habitude. Et Al Hoceima en est un exemple frappant.
 
Pour autant, il y a quelque chose qui a profondément changé dans ce Maroc d’aujourd’hui : les doléances des populations ne se suffiront plus de promesses creuses. Non, les conditions de vie des populations de Jerada vont forcément changer. Comme le seront celles des habitants d’Al Hoceima. Sinon, gare aux sanctions (sic !).
 
Cela dit, ces deux provinces doivent servir d’exemples à nos gouvernants : prévenir, plutôt que guérir. Afin d’éviter l'apparition d'un autre foyer de tensions.

D. W.

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