Inscrivez-vous à notre newsletter


× sous menu de laquotidienne actualités marocaines
EMISSION DU 15/11

Benkirane–El Othmani : La guerre des tranchées

En tant que formation politique, le Parti de la justice et du développement (PJD) s’est toujours vanté d’être un modèle en matière de démocratie interne. Ça, c’était quand tout allait bien dans le meilleur des mondes. Aujourd’hui, alors que le PJD est chahuté par des querelles intestines et vit des périodes très troubles, ce parti peut-il porter en bandoulière cette exemplarité dont il se prévaut en termes de démocratie interne ? Pas si sûr.

 

 

L’un des principaux actes posés dans ce sens a été le fait des membres de la Commission des règlements et des procédures du parti, qui ont voté en octobre dernier pour l’amendement l’article 16 des statuts. Plus clairement, il s’agit d’un tapis rouge que l’on déroule au secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane, d’autant que cet amendement lui permet de briguer un troisième mandat.

Néanmoins, comme le rapporte le quotidien Assabah de ce mercredi 15 novembre, qui cite une source au sein du PJD, les membres de la direction du parti de la lanterne, réunis samedi dernier, auraient décidé à la majorité de ne pas modifier ce fameux article 16.

La fracture est donc nettement visible, à travers notamment deux clans : les pro-Benkirane et les pro-El Othmani. Une fracture née au-lendemain de la nomination de Saâd El Othmani en tant que chef du gouvernement, face à l’incapacité de Benkirane de former une majorité gouvernementale.

Depuis, le PJD vit une profonde scission. Qui risque de se transformer en un grand cratère si Benkirane maintient ses prétentions pour un 3ème mandat. Pour autant, on peut comprendre l’inquiétude qui mine ses défenseurs : la fin de son mandat à la tête du PJD signifierait probablement… sa mort politique.

Mais faut-il sacrifier l’unité du parti et sa survie éventuelle sur l’autel des intérêts individuels ? C’est le Congrès du PJD, prévu les 9 et 10 décembre, qui apportera la réponse appropriée à cette interrogation.

D. W.

Saad Eddine El Othmani
Partage RéSEAUX SOCIAUX