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EMISSION DU 21/09

Vers un allègement des mesures sanitaires, mais ...

 
De nombreuses voix montent au créneau depuis quelques jours, réclamant un allègement des mesures sanitaires liées au Covid-19 au Maroc.
 
Des sorties motivées par la baisse au niveau des contaminations et des mortalités enregistrées depuis peu, après plus de trois mois d’une véritable hécatombe sanitaire qui a fait passer le nombre global de décès de 9.000 à plus de 14.000 victimes à ce jour. 
 
Au moins 4.000 nouveaux décès durant cette période estivale où les autorités avaient, au début de l’été, allégé au maximum les mesures préventives, ce qui a donné corps à une déferlante de permissivité où tous les impératifs de sécurité ont été balayé d’un simple revers de la main au nom des vacances et du retour à la «normalité». 
 
Ce qui a donné corps à des écarts coupables avec des soirées, des pool parties, des mariages, des salles de sport pleines à craquer, des cafés bondés, des restaurants ne respectant pas les directives d’une table sur deux, des plages noires de monde, sans parler de tous les autres manquements aux règles dans les magasins, les malls et autres souks et marchés où les gens se bousculaient sans masques ni distanciation physique. 
 
Le retour au stade, une mesure raisonnable ?
Il est attendu dans les prochains jours le retour progressif des supporters dans les stades de football. La question a été en effet évoquée lors de la réunion du Comité directeur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), tenue par visioconférence mardi 21 septembre, sous la présidence de Faouzi Lekjaa. 
 
Est-ce pour autant une mesure raisonnable ? Imaginez le bain de foule et la débandade pour entrer dans les stades et assister aux matches ! Pensez-vous vraiment que les aficionados et autres ultras vont respecter les mesures sanitaires ? 
 
Encore une fois, jouer au yoyo avec la mise en place de mesures strictes et leur levée une fois la situation sanitaire connaît une embellie, semble ne relever d’aucune logique ni raison. 
 
Car, face à ces erreurs à répétition, passant de la vigilance à l’assouplissement, ce sont les familles marocaines qui paient de lourds tributs. 
 
Toute décision doit encore une fois prendre en considération les ratés enregistrés depuis le début de la pandémie, entre confinement et déconfinement, entre verrouillage et déverrouillage, à intervalles presque réguliers, avec, toujours à la clef, une augmentation très significative des nombre de cas et des décès. 
 
C’est dans ce sens qu’il faut tirer des leçons des erreurs commises. Oui pour un allègement des mesures strictes imposées par la situation, qui est, malgré cette éclaircie, toujours très préoccupante. Mais il faut garder présent à l’esprit qu’après chaque relâchement, c’est un retour à la case départ, avec des réalités sanitaires palpables et attestant toutes de l’insouciance d’une majorité de Marocains qui, on le comprend bien, sont fatigués, angoissés, souffrant du chômage, du manque d’opportunités de travail, n’arrivant plus à joindre les deux bouts, tirant la langue dans un cruel désespoir. 
 
Sauf que si les autorités décident d’assouplir les restrictions, il faut que les citoyens redoublent de vigilance et observent avec rigueur les règles édictées. Car nous sommes encore très loin d’avoir gagné la bataille contre le coronavirus, qui tue encore tous les jours nos concitoyens. 
 
Il est vrai que la situation économique et sociale a atteint des pointes de crises profondes, mais il faut aujourd’hui faire des choix et réfléchir à une équation rationnelle qui arriverait à conjuguer reprise économique tous azimuts et sécurité sanitaire.
 
Autrement, nous allons continuer à baigner dans cette macabre valse, avec une seule constante : les chiffres de la mortalité qui augmentent constamment. En cela, nous sommes encore une fois devant une grande épreuve et pour les citoyens et pour les autorités, avec cet impératif sans appel : il faut coûte que coûte apprendre des erreurs que nous avons commises. 
 
 
Abdelhak Najib
Ecrivain-Journaliste
 
 
 
 
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