L’ASMEX a consacré jeudi 15 octobre à Casablanca la deuxième édition de ses Matinales de l’Export aux risques de paiement sur les marchés africains, avec Hicham Zaki, directeur général de la SMAEX. Au centre des échanges : Tassdir+, un dispositif d’assurance-crédit soutenu par l’État, qui couvre 15 pays africains, dont certaines destinations difficilement assurables par les mécanismes classiques.
Décrocher une commande à l’international ne garantit pas son encaissement. Sur les marchés africains, la défaillance d’un acheteur peut compromettre la trésorerie d’une entreprise marocaine et sa capacité à financer ses opérations suivantes. Insolvabilité des acheteurs, difficultés de transfert des devises, instabilité politique et complexité du recouvrement figurent parmi les principales menaces identifiées, avec des conditions de paiement et des niveaux de risque qui diffèrent sensiblement d’un marché à l’autre.
Ouvrant la rencontre, Sonia Mezzour, présidente de l’ASMEX, a rappelé que l’export est un choix stratégique pour le Maroc, porté au plus haut niveau, et que son financement en est un levier déterminant. Elle a salué la richesse des instruments mis à disposition des exportateurs (garanties, cofinancements, assurance-crédit, financements bancaires), tout en soulignant qu’ils gagneraient à être mieux connus des entreprises et davantage articulés entre eux, pour répondre aux attentes des exportateurs de biens, de services et de négoce international.
Tassdir+ : jusqu’à 1,5 million de dirhams par acheteur
Destiné aux entreprises marocaines exportatrices de biens et de services, Tassdir+ couvre les risques commerciaux et politiques dans 15 pays africains. Les plafonds de crédit vont de 150 000 dirhams à 1,5 million de dirhams par acheteur, selon le pays et le profil de risque, avec une quotité garantie pouvant atteindre 80 %. Les primes varient entre 0,5 % et 1,75 % selon les marchés.
La rencontre a aussi porté sur l’évaluation de la solvabilité des acheteurs, le suivi des encours et les procédures de recouvrement. Les dispositifs d’Assurance Prospection et d’Assurance Foire, qui accompagnent les entreprises dans leur développement commercial à l’international, ont également été présentés.
Au-delà de l’indemnisation, l’accès au financement
L’assurance-crédit ne protège pas seulement contre les impayés. Elle peut aussi faciliter le financement des opérations d’export : le transfert du droit à indemnité permet aux entreprises de mobiliser leurs créances assurées auprès des banques.
Pour l’ASMEX, cette dimension compte particulièrement pour les PME et les primo-exportateurs, dont les capacités financières peuvent être fragilisées par un seul incident de paiement. La sécurisation des créances doit donc être intégrée dès la négociation commerciale, au même titre que le prix, les délais de livraison et les conditions de règlement.
Vers une offre de financement export intégrée
Conformément à sa feuille de route, l’ASMEX a engagé des échanges avec les parties prenantes du financement export. Entamés avec Tamwilcom, ils se poursuivent avec la SMAEX et l’ensemble des partenaires institutionnels de l’écosystème. L’objectif est d’étudier une meilleure articulation de la garantie, du cofinancement et de l’assurance-crédit, adossée aux contrats fermes des exportateurs.
« L’État et ses institutions ont mis en place des instruments de qualité au service des exportateurs. Notre responsabilité, aux côtés de nos partenaires, est de les faire mieux connaître et de les rapprocher, pour qu’un risque couvert devienne un risque finançable et que chaque commande signée puisse devenir une commande financée », a déclaré Sonia Mezzour.
Pour Hicham Zaki, « l’assurance-crédit est un levier essentiel pour permettre aux entreprises marocaines de développer leurs exportations avec davantage de confiance et de maîtrise des risques. Sur les marchés africains, où les opportunités sont nombreuses mais les environnements de risque hétérogènes, elle contribue à sécuriser les transactions, à préserver la trésorerie des entreprises et à favoriser leur accès au financement ».
Créée en 1982, la Confédération marocaine des exportateurs (ASMEX) fédère les exportateurs marocains de biens, de services et de négoce international. Elle ambitionne d’élargir la base exportatrice nationale à 10 000 entreprises à l’horizon 2030, comme le prévoit la stratégie nationale. La SMAEX, créée en 1985, est spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation et intervient également sur le marché domestique depuis 2019.