L’Europe conserve sa place de premier partenaire commercial du Maroc en 2025, concentrant près de 60% des échanges du Royaume. Son poids relatif poursuit toutefois son recul, sur fond de montée en puissance de l’Asie, portée notamment par la progression soutenue des échanges avec la Chine.
Selon le rapport annuel sur le commerce extérieur publié par l’Office des Changes, les échanges commerciaux du Maroc avec l’Europe ont représenté 59,8% du total en 2025, contre 62% une année auparavant, soit un repli de 2,2 points de pourcentage.
Malgré cette baisse de sa part relative, l’Europe demeure de loin le principal débouché des exportations marocaines et la première source d’approvisionnement du Royaume.
Elle absorbe ainsi 69,7% des exportations nationales, tandis que 54,2% des importations marocaines proviennent du continent européen.
En valeur, les échanges avec l’Europe ont progressé de 2,4% pour atteindre 773,1 milliards de dirhams. Les pays de l’Union européenne concentrent à eux seuls 85,8% de ces flux commerciaux.
L’Espagne confirme son statut de premier partenaire européen du Maroc, avec une part de 27,5% des échanges réalisés avec le continent, devant la France (21,1%), l’Allemagne (8,9%), la Turquie (7,3%) et l’Italie (7,1%).
L’Asie renforce son poids dans les échanges marocains
Si l’Europe conserve une position dominante, l’Asie poursuit son ascension dans la géographie commerciale du Royaume.
Les échanges avec les pays asiatiques ont enregistré une progression de 15,6% en 2025, prolongeant la dynamique haussière observée en 2024. Leur part dans le commerce extérieur marocain est ainsi passée de 20,1 à 21,9% en l’espace d’une année, soit un gain de 1,8 point.
Cette évolution est principalement portée par la Chine, premier partenaire commercial asiatique du Maroc. Les échanges bilatéraux ont bondi de 25,1%, signant leur quatorzième année consécutive de croissance.
D’autres économies asiatiques contribuent également à cette dynamique, notamment l’Inde et le Bangladesh, dont les échanges avec le Royaume ont progressé respectivement de 36% et 34,5%.
Ces évolutions traduisent une recomposition progressive de la répartition géographique des échanges commerciaux marocains, marquée par le renforcement du poids de l’Asie, même si l’Europe demeure largement prépondérante.
Par ailleurs, les relations commerciales du Maroc avec le continent américain affichent également une orientation favorable en 2025, avec une hausse globale des échanges de 8%.
Cette progression repose essentiellement sur le dynamisme des échanges avec les États-Unis, en augmentation de 7,9%.
La tendance reste toutefois contrastée selon les partenaires.
Les échanges avec le Canada ont reculé de 6,2%, tandis que ceux avec le Brésil ont enregistré une contraction de 1,9%, atténuant ainsi la progression globale des flux commerciaux avec le continent.
Afrique : Des échanges en hausse de 6,1%
Sur le continent africain, les échanges commerciaux du Maroc ont augmenté de 6,1% en 2025, maintenant une dynamique de croissance proche de celle enregistrée l’année précédente.
Cette évolution est notamment soutenue par la forte progression des échanges avec l’Afrique du Sud (+73,2%) et la Tunisie (+32,5%).
Les échanges avec l’Égypte ont, pour leur part, progressé de 9,4%. Le pays conserve ainsi, pour la septième année consécutive, son rang de premier partenaire commercial africain du Royaume.
À contre-courant des autres régions, les échanges commerciaux du Maroc avec l’Océanie ont diminué de 16% en 2025, après la forte progression enregistrée en 2024.
Cette contraction s’explique principalement par le recul des échanges avec l’Australie, estimé à 1,6 milliard de dirhams, partiellement compensé par une augmentation de 700 millions de dirhams des flux commerciaux avec la Nouvelle-Zélande.
L’Océanie demeure néanmoins un partenaire marginal dans la structure du commerce extérieur marocain, avec une part limitée à 0,4% du total des échanges.
Au-delà de ces évolutions régionales, les données de l’Office des Changes mettent en évidence une diversification progressive des partenaires commerciaux du Maroc.
Si l’ancrage européen reste prédominant, la croissance plus rapide des échanges avec l’Asie et, dans une moindre mesure, avec l’Amérique et l’Afrique, contribue à redessiner les équilibres géographiques du commerce extérieur du Royaume.