Bank Al-Maghrib (BAM) et le Conseil de la concurrence estiment que la réforme du marché du paiement électronique par carte franchit une étape importante.
Les deux institutions ont annoncé, vendredi, des avancées jugées satisfaisantes dans la mise en œuvre des engagements pris par le Centre monétique interbancaire (CMI) et ses banques actionnaires pour instaurer une concurrence plus dynamique et favoriser l'inclusion financière.
Dans un communiqué conjoint, les deux autorités rappellent que la décision du Conseil de la concurrence du 31 octobre 2024 a rendu obligatoires les engagements du CMI, notamment la cessation de son activité d'acquisition monétique et l'ouverture du marché à de nouveaux opérateurs selon un calendrier défini.
Cette décision interdisait notamment au CMI de prospecter de nouveaux commerçants à partir du 1er novembre 2024 et imposait le transfert de l'ensemble de son portefeuille de contrats commerçants avant les échéances fixées pour les secteurs privé et public.
Elle garantissait également aux établissements de paiement un accès équitable, transparent et non discriminatoire aux services du CMI en tant que plateforme technique.
Parallèlement, Bank Al-Maghrib indique avoir accompagné les établissements de paiement, nouveaux comme existants, dans le déploiement de leurs activités d'acquisition, tout en veillant au respect des exigences de sécurité, de continuité de service et de fiabilité applicables aux services de paiement.
Sur le plan tarifaire, la Banque centrale poursuit également ses efforts pour réduire le coût des paiements électroniques.
Après avoir plafonné les frais d'interchange à 0,65 % en octobre 2024, elle a décidé, le 6 juillet 2026, d'abaisser ce plafond à 0,50 % à compter du 1er octobre 2026. Un plafond encore plus bas, fixé à 0,15 %, sera appliqué aux paiements effectués par le gouvernement et le secteur du commerce de proximité.
Selon le communiqué, ces différentes mesures ont permis au marché marocain de passer d'un modèle reposant sur un seul acquéreur à une architecture ouverte à plusieurs opérateurs. Cette évolution a été réalisée tout en assurant la continuité des services, en diversifiant l'offre disponible et en réduisant les commissions d'acquisition supportées par les commerçants.
Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence affirment enfin qu'ils poursuivront leur coopération afin de suivre l'évolution du marché du paiement électronique, avec pour objectif de faciliter l'accès des citoyens et des commerçants à des solutions de paiement sûres, accessibles et proposées à des coûts plus compétitifs.