Les apports en eau enregistrés au niveau du bassin du Sebou entre le 1er septembre 2025 et le 14 février 2026 ont largement dépassé les moyennes habituelles.
C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, lundi à Sefrou, dans une allocation lue en son nom par le secrétaire général du ministère, Abdelfetah Sahibi, qui a présidé les travaux du Conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique du Sebou (ABHS).
Selon les données présentées, ces apports ont excédé de 163% les niveaux moyens observés sur la même période. Ils résultent de précipitations cumulées atteignant environ 663,6 mm, soit un surplus de 73,2% par rapport à une année normale et une hausse exceptionnelle de 343,9% comparativement à la même période de l’année précédente.
Grâce à cette situation hydrologique favorable, les retenues des barrages du bassin ont enregistré une progression significative. Au 13 février, les volumes stockés ont atteint 5.347,3 millions de mètres cubes, correspondant à un taux de remplissage d’environ 90,96%.
Le barrage Al Wahda illustre particulièrement cette dynamique. Les apports y ont avoisiné 3.809,27 millions de mètres cubes, soit 169% de la moyenne d’une année normale.
Près de 99,58% de ces volumes ont été enregistrés entre le 12 décembre 2025 et le 13 février 2026, portant le taux de remplissage à 93,56%.
Tout en saluant cette amélioration, le ministre a insisté sur la nécessité de maintenir une vigilance permanente face aux aléas climatiques.
Le bassin du Sebou demeure exposé aux risques d’inondation, ce qui impose le renforcement continu des mesures préventives et anticipatives.
L’année écoulée a également été marquée par plusieurs projets structurants. Il s’agit notamment du démarrage de la mise en eau du barrage Koudiat El Borna, dans la province de Sidi Kacem, d’une capacité de 12 millions de mètres cubes destinés à l’irrigation et à l’alimentation en eau potable.
Les travaux des barrages Sidi Abou et Ratba, situés à Taounate et d’une capacité respective de 200 millions et 1,9 milliard de mètres cubes, se poursuivent dans l’objectif de renforcer la protection contre les inondations, de réduire l’envasement du barrage Al Wahda et d’assurer le transfert des eaux vers le bassin du Bouregreg.
Les travaux du barrage Ribat El Kheir, dans la province de Sefrou, se poursuivent également, avec une capacité prévue de 124 millions de mètres cubes et un taux d’avancement de 18%.
A cela s’ajoutent la réalisation de deux petits barrages, Hamdallah à Sidi Kacem et Meskdal à Boulemane, ainsi que la poursuite du projet d’interconnexion hydraulique entre les bassins du Sebou et du Bouregreg. A fin décembre 2025, le volume transféré dans ce cadre a atteint 954 millions de mètres cubes.
Parallèlement, le ministère continue de déployer le projet de dépollution du bassin du Sebou, notamment à travers la réalisation de stations de traitement des margines issues des huileries.
Dans ce contexte, un contrat de gestion participative de la nappe phréatique Fès–Meknès a été signé.
Mesures de sécurité hydrique
Malgré l’amélioration des précipitations, les autorités poursuivent la mise en œuvre de programmes visant à renforcer la sécurité hydrique à long terme.
Parmi eux, figure le projet de transfert des eaux du barrage M’dez vers la plaine du Saïss, destiné à faire face à la surexploitation de la nappe phréatique.
Des appels d’offres ont également été lancés pour la réhabilitation des barrages Atchan à Moulay Yacoub et Bouhout à Al Hoceima, ainsi que pour la conception des barrages Agdim à Boulemane et Aïn El Louh à Ifrane, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur.
Les forages exploratoires se poursuivent afin de mobiliser de nouvelles ressources en eau, en particulier au profit des zones rurales.
Les efforts portent aussi sur le développement de projets de réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des espaces verts dans les villes de Fès, Meknès, Ifrane et Kénitra.
De son côté, le gouverneur de la province de Sefrou, Ibrahim Abouzaid, a rappelé que le Sebou constitue l’un des bassins hydrauliques les plus importants du Royaume, compte tenu de ses potentialités hydriques, agricoles et économiques.
Il a souligné que la croissance de la demande en eau impose une approche intégrée et durable, fondée sur la bonne gouvernance et la rationalisation des usages.
Pour sa part, le directeur de l’ABHS, Khalid El Ghmari, a indiqué que depuis la deuxième semaine de décembre 2025, l’Agence est passée d’une gestion de déficit et de sécheresse à une gestion de l’abondance.
Les volumes stockés dans les douze barrages du bassin atteignent désormais environ 5,55 milliards de mètres cubes, avec un taux de remplissage supérieur à 91% contre près de 37% un an auparavant.
Les apports du barrage Al Wahda avoisinent actuellement 4 milliards de mètres cubes contre environ 1,5 milliard au début décembre 2025.
Afin de garantir la sécurité des ouvrages, des lâchers préventifs et réguliers ont été effectués, avec des débits variant initialement entre 250 et 500 mètres cubes par seconde, puis atteignant jusqu’à 2.200 mètres cubes par seconde, avant de se stabiliser autour de 600 mètres cubes par seconde en raison de conditions météorologiques plus stables.
En marge des travaux du Conseil d’administration, plusieurs conventions ont été approuvées. Elles portent notamment sur la protection contre les inondations, l’aménagement de Dayet Aoua à Ifrane, la maintenance des ouvrages hydrauliques, la préservation du domaine public hydraulique, le renforcement du réseau de mesures hydrologiques, le transfert des eaux et la lutte contre la pollution industrielle de l’oued Sebou.