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CGLU de Tanger : Le Maroc veut faire des territoires le moteur du développement de demain

CGLU de Tanger : Le Maroc veut faire des territoires le moteur du développement de demain

Face à des défis mondiaux de plus en plus complexes, les collectivités territoriales s'imposent comme des acteurs incontournables des politiques publiques. C'est le message porté à Tanger lors du 8ème Congrès mondial des cités et gouvernements locaux unis (CGLU).

 

Par D. W.

Tanger a accueilli cette semaine le 8ème Congrès mondial des cités et gouvernements locaux unis (CGLU), un rendez-vous qui a réuni plus de 3.000 responsables politiques, élus locaux, experts et représentants d’institutions internationales autour d’une question devenue centrale : quel rôle les territoires doivent-ils jouer dans la réponse aux grands défis du développement, du climat et de l’inclusion sociale ?

Ce congrès intervient dans un contexte mondial marqué par la multiplication des crises climatiques, les tensions sociales, les pressions démographiques et les défis liés à la fourniture de services publics de qualité.

Face à ces mutations, le discours porté par le Royaume est clair : les réponses ne peuvent plus être uniquement élaborées depuis les centres de décision nationaux. Elles doivent émerger également des territoires. Le message adressé par le Roi Mohammed VI aux participants du Congrès s’inscrit dans cette logique.

Le Souverain y rappelle que «la régionalisation avancée, dont nous avons posé les fondements au Maroc représente un choix stratégique à travers lequel l’Etat tend à moderniser ses structures, à consolider la démocratie locale, à libérer les potentiels et les énergies, à consacrer le principe d’équité entre les régions et à articuler le développement de chaque territoire avec ses spécificités, ses atouts et les besoins de sa population».

Cette déclaration résume l’un des grands chantiers institutionnels engagés depuis plus d’une décennie au Maroc. En effet, la régionalisation avancée est présentée comme un levier de transformation économique et sociale destiné à rapprocher la décision publique des citoyens et à réduire les disparités territoriales.

Une nouvelle étape de la décentralisation

Le congrès de Tanger met également en lumière une évolution importante de la réflexion internationale sur les collectivités territoriales. Longtemps considérées comme des structures chargées principalement de gérer les services de proximité, les villes et régions sont désormais perçues comme des acteurs de gouvernance à part entière.

Le thème retenu, «Nouvelle génération de services publics locaux universels», traduit cette mutation. Dans son message, le Roi Mohammed VI souligne d’ailleurs que «ces défis confirment, jour après jour, que l’avenir ne se construit pas seulement à travers des décisions centralisées, mais aussi par l’implication des territoires».

Une affirmation qui fait sens, particulièrement dans un monde où les collectivités sont souvent en première ligne face aux enjeux de logement, de mobilité, d’accès à l’eau, de santé ou encore de transition écologique. La dimension climatique a occupé une place importante dans les débats du congrès.

Un panel consacré aux pertes et dommages liés au changement climatique a mis en évidence les vulnérabilités particulières des pays du Sud global. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’intégrer les risques climatiques au cœur des politiques publiques locales et de renforcer les mécanismes de financement de la résilience territoriale. Les collectivités locales apparaissent de plus en plus comme les premiers remparts face aux conséquences du réchauffement climatique. Le cas du Maroc a été présenté comme une illustration de cette stratégie.

La politique nationale de l’eau, les investissements dans les infrastructures hydrauliques et le développement du dessalement témoignent d’une volonté d’anticipation face aux risques de stress hydrique. Au-delà de son expérience nationale, le Maroc entend également promouvoir un modèle de coopération décentralisée à l’échelle africaine.

Le message royal met en avant le rôle du Fonds africain d’appui à la coopération décentralisée internationale (FACDI), présenté comme un instrument de partage d’expertise entre collectivités africaines. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie plus large du Royaume en faveur de la coopération SudSud et de l’intégration africaine.

Le Souverain rappelle ainsi que «le Maroc continue de faire de la coopération internationale décentralisée un levier opérationnel de partage d'expériences et d'expertises entre les collectivités territoriales, tout particulièrement avec leurs consœurs africaines». A travers cette orientation, Rabat cherche à renforcer son positionnement comme plateforme de dialogue entre l’Afrique, l’Europe et le monde atlantique, tout en valorisant l’expérience marocaine en matière de développement territorial. 

 

 

 

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