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La transition énergétique, une priorité

La transition énergétique, une priorité

La crise climatique que nous vivons depuis plusieurs années nous a rappelé avec acuité l’importance d’accélérer la transition énergétique. Tenu jeudi 19 mai 2022 à Casablanca, «Innov’Energy», forum des innovations et de la transition énergétique, a ainsi confirmé la nécessité de la transformation vers une économie plus verte.

Réunissant des experts internationaux de renom et d’éminents chefs d’entreprises spécialisées dans le secteur énergétique, Innov’Energy a permis aux différents participants d’échanger autour de plusieurs thématiques dont l’intermittence des énergies renouvelables, les innovations en matière de stockage d’énergie ou encore les enjeux techniques de la production de l’hydrogène vert. Cet évènement a également été l’occasion de présenter de nouvelles technologies innovantes et d’énoncer des solutions de résilience énergétique.

Intervenant au sujet du stockage de l’énergie électrique, Driss Benhima, ancien ministre de l’Energie et des Mines et ancien DG de l’Office national de l’électricité, souligne que le stockage de l’électricité est la seule voie stratégique pour débloquer le développement des énergies renouvelables (ENR) et pour surmonter le problème de limitation de leur capacité d’introduction dans les systèmes électriques.

«Le stockage de l’électricité a toujours constitué une difficulté technologique mais le développement des ENR accélère l’arrivée de nouvelles technologies prometteuses et impose l’élaboration de textes juridiques encadrant celles-ci. Aujourd’hui, les Stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), dont le développement a été accéléré par la réalisation des centrales nucléaires, se présentent comme le seul moyen de répondre aux besoins de stockage quantitatifs», insiste-t-il.

Par ailleurs, Driss Benhima a mis l’accent sur la situation juridique du stockage de l’électricité, précisant que «les installations de stockage de l’électricité ne font l’objet d’aucun texte spécifique, à l’exception notable des STEP».

Et de poursuivre : «À travers le dahir de création de l’ONEE, les STEP sont considérées comme des installations de production et ne rentrent pas dans la définition des installations de production d’énergie renouvelable. Le texte de création de Masen fait référence aux STEP mais subordonne leur réalisation à une «autorisation de l'administration» d’où vient la nécessité de clarifier le concept de stockage de l’électricité, de définir les installations de stockage et de prévoir leur régulation». 

S’exprimant autour des nouvelles opportunités d’investissement et de la compétitivité des énergies renouvelables, Ali El Harti, président de la Fédération nationale de l’électricité et des énergies renouvelables, a souligné l’importance de la décarbonation de l’industrie marocaine.  

«Le premier consommateur de l’énergie renouvelable au Maroc est l’agriculteur parce qu’il a tout simplement su résoudre la problématique de stockage. Certes, il y a un potentiel au niveau du secteur agricole mais le grand potentiel se situe au niveau de l’industrie. L’entrée en vigueur de la taxe carbone est planifiée pour le 1er janvier 2023. À partir de cette date-là, si on trouve que les produits fabriqués au Maroc ne sont pas conçus à partir de l’énergie verte, ces derniers seront constamment soumis à une taxe supplémentaire qui rendra les produits non compétitifs, et à partir de 2026, toutes les industries seront concernées, ce qui montre l’urgence d’acheter de l’énergie verte», affirme-t-il.

Dans le même ordre d’idées, Reda Hamdoun, directeur exécutif en charge de la stratégie et de l’international chez Nareva, explique que l’hydrogène vert serait nécessaire pour répondre à environ 30% des besoins primaires de décarbonation à l’avenir, indiquant que le Maroc est un futur leader mondial de l’exportation de l’hydrogène propre et de ses dérivés.

«Le Maroc dispose d’atouts majeurs pour le développement de l’hydrogène vert. Il s’agit particulièrement de la disponibilité de gisements abondants et de qualité garantissant une grande compétitivité de l’H2 produit, d’un écosystème de production de l’hydrogène vert adapté et d’un track record solide d’accès au financement grâce notamment à l’implication des banques de développement majeures et à un climat des affaires favorable au Maroc».

 

M. A. O.

 

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