Les exportations de composants électroniques enregistrent en 2025 une baisse de 39,1% par rapport au niveau de 2024. Un recul qui est cette fois plus important que la baisse de 8,4% déjà observée une année auparavant.
Selon les données de l’Office des changes relatives aux échanges extérieurs, les exportations de composants électroniques en 2025 enregistrent leur deuxième année de contre-performances. Les ventes sont en effet en recul de 39,1% par rapport à leur niveau de 2024. En valeur, cette baisse représente près de 3.020 MDH. Un recul qui s’inscrit dans une tendance déjà amorcée en 2024, où la baisse avait été de 8,4% à 709 MDH en valeur.
La tendance à la baisse, qui semble s’intensifier année après année, met en lumière les fragilités du secteur dans un contexte économique toujours en proie à des perturbations des chaînes d’approvisionnement, à la hausse des coûts de l’énergie et à une concurrence accrue des acteurs asiatiques. Il faut dire que depuis l'adoption du Plan d'accélération industrielle (PAI), l’industrie des composants électroniques s'est progressivement intégrée aux chaînes de valeur globales, nouant des liens de dépendance étroits avec les grands bassins industriels mondiaux. Cette intégration, favorable en période d'expansion, se révèle être également un facteur de vulnérabilité en phase de contraction.
Pour Brahim Allali, expert en stratégie et développement international et managing partner de Reload Consulting, «comme l’industrie marocaine des composants électroniques est fortement intégrée aux chaînes de valeur européennes, elle subit de plein fouet les effets de la production industrielle dans les principaux pays de l’UE, et en particulier l’Allemagne et la France. Par exemple, la demande des composants électroniques pour l’automobile (30% du marché européen) a été fortement impactée par la baisse des ventes de véhicules automobiles neufs en 2024-2025».
Par ailleurs, il précise que «la seconde raison a trait à la constitution de stocks massifs de composants électroniques par les donneurs d’ordres après la pénurie mondiale post-covid (2021-2022) de semi-conducteurs. En 2024, quand l’offre mondiale a retrouvé ses niveaux d’avant la pandémie, le marché est entré dans une phase de «déstockage» se traduisant par une baisse des nouvelles commandes auprès des fabricants de composants électroniques».
Enfin, il identifie également comme facteur de la contraction des ventes «la forte pression sur les prix de la part de concurrents d'Asie du Sud-Est et d'Europe de l'Est. Cette concurrence touche directement les fabricants marocains qui s’éloignent de plus en plus de la fabrication de composants de base pour se concentrer sur des produits à plus forte valeur ajoutée comme l’électronique embarquée; un créneau fortement occupé par la concurrence».
Toutefois, la stratégie proposée par l’accord triennal 2025-2027 conclu entre la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (FENELEC), le ministère de l’Industrie et du Commerce et l’AMDIE pourrait laisser entrevoir un redressement de la courbe des exportations. En effet, cet accord prévoit d’augmenter de 30% le chiffre d’affaires à l’export ainsi que le nombre d’exportateurs, qui devrait croître de 25%. L’accord prévoit également l’expansion vers huit nouveaux marchés cibles.
J. M.