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Pouvoir d'achat : Le bouclier anti-inflation du gouvernement est-il suffisant ?

Pouvoir d'achat : Le bouclier anti-inflation du gouvernement est-il suffisant ?

Dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient, les prix de plusieurs produits de grande consommation ont fortement augmenté. Ainsi, le gouvernement a finalement enclenché le mécanisme de bouclier anti-inflation afin de contenir les conséquences de la hausse des coûts de l’énergie.

Ce dispositif repose notamment sur le maintien des subventions au gaz butane et l’octroi d’aides au secteur du transport. Cette décision intervient dans un contexte marqué par les appels répétés des partis politiques, qui ont chacun proposé des pistes pour atténuer les effets de cette conjoncture tendue. 

La dernière réunion du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS) a été consacrée à la discussion de la hausse des prix des carburants et à la dégradation du pouvoir d’achat des citoyens. A l’issue de cette rencontre, le parti a exhorté «le gouvernement à plafonner les prix des hydrocarbures et à revoir à la baisse les taux de la TVA et de la TIC sur ces produits, notamment le gasoil et l’essence». 

La formation du Livre a estimé dans un communiqué que la formule de soutien direct accordée aux transporteurs est une «mesure isolée et sélective» qui n’aboutit pas à l’effet escompté tant pour les familles, les opérateurs économiques que les transporteurs. 

A cet égard, le PPS propose de plafonner les prix des carburants et resserrer les marges bénéficiaires des distributeurs. Pour les autres produits importés, la formation de Nabil Benadellah souhaite une baisse de la TVA et des droits d’importation. 

De son côté, Abdellah Bouanou, président du groupe du Parti de la justice et du développement (PJD) à la Chambre des représentants, estime que «les arguments avancés par les distributeurs pétroliers marocains pour légitimer la hausse des prix à la pompe ne sont pas justifiés». 

Dans une question écrite adressée à la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, le député a affirmé que «les distributeurs disposent d’un stock de 30 jours. Ils ont répercuté la hausse des prix sans attendre l’épuisement des stocks, bien qu’ils aient été achetés à un prix moins cher». Et de se demander pourquoi instaurer un stock stratégique de carburant s’il n’a pas un effet sur la régularisation des prix sur le marché. Il invite, dans ce cadre, le département de tutelle à imposer aux distributeurs d’appliquer des prix en liaison avec l’évolution des cours du brut à l’international. 

Nabila Mounib, chef du Parti socialiste unifié (PSU), note pour sa part que «la population à revenu limité ne peut supporter cette dégradation continue de ses conditions de vie. Les mesures initiées par l’Etat sont insuffisantes pour contenir l’augmentation des prix. Si cette situation persiste, il faut s’attendre à des mouvements de protestation qu’il sera difficile de maîtriser».

Dans sa dernière réunion organisée dans le cadre de l’Université populaire «Lahcen Lyoussi», le Mouvement populaire (MP) a formulé plusieurs recommandations, dont la mise en place d’une subvention directe aux ménages les plus démunis, ainsi que la révision de la politique de l’export. Il s’agit, selon le MP, d’instaurer des restrictions sur les légumes les plus consommés comme les oignons, les pommes de terre et les tomates. Le parti plaide également pour une refonte en profondeur des mécanismes de solidarité nationale. 

 

Charaf Jaidani

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