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Mobilité urbaine : Un bus pour 5.000 habitants au Maroc

Mobilité urbaine : Un bus pour 5.000 habitants au Maroc

L’Institut CDG a organisé lundi 27 juin son deuxième webinaire 2022 sous le thème : «Le futur de la mobilité urbaine». Il a été question de débattre des nouveaux moyens à mettre en œuvre pour améliorer l’écosystème de la mobilité́ urbaine afin qu’elle devienne plus inclusive, plus durable et gagner en efficacité́.

Au Maroc, les projections du HCP montrent que 64,3% de la population résident dans les villes en 2022, et ce chiffre s’élèvera à 73,6% en 2050. Quant à l’AMEE, elle note que le secteur du transport est le premier consommateur d'énergie, avec près de 38% de la consommation nationale en énergie finale. 

Selon le rapport de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement, le transport urbain public au Maroc souffre de plusieurs dysfonctionnements qui l’empêchent de jouer son rôle. Les transports publics sont jugés de mauvaise qualité, peu ponctuels et présentent des risques pour la sécurité des usagers. 

Un constat largement confirmé par Nabil Belabed, DG de Casa Transports : «Les transports publics, notamment à Casablanca, connaissent leur pleine mutation. Nous sommes en phase de restructuration, de régulation et d’amélioration de l’offre de service. Les pouvoirs publics ont l’obligation de planifier la ville pour tout le monde. Nous avons réalisé une enquête en 2018 en vue d’actualiser le plan de déplacements urbains de Casablanca, et il en est ressorti que sur 7,8 millions de déplacements urbains quotidiens dans la même ville, 62% sont à pied parce que tout simplement les gens n’ont pas une offre de service de transport public de qualité». 

Cette configuration se traduit par une faible part des transports publics dans la mobilité urbaine au profit des voitures individuelles qui connaissent une forte croissance et un recours à des alternatives comme les moyens de transport collectif, parfois informels. Cette situation est la conséquence de l’étalement urbain dû au renchérissement du prix de l’immobilier aux centres ville, et se traduit par l’augmentation de l’usage de la voiture qui comble les lacunes du transport public. Afin de palier ce problème, il faudrait s’intéresser aux périphéries des villes qui ne disposent pas de solutions de mobilité et tenir compte des bassins de vie qui dépassent les métropoles.

Intervenant à cette occasion, Kawtar Benabdelaziz, conseillère technique en transport et climat, GIZ, précise qu’«au Maroc, on est actuellement autour d’un ratio d’un bus pour 5.000 habitants au niveau national, alors que dans les pays à moyen revenu on est autour d’un bus pour 2.000 habitants. On a aussi une faible contribution du transport public urbain par bus à l’ensemble des déplacements au Maroc. A Rabat par exemple, il est de l’ordre de 14%, 13% à Casablanca et 4% à Marrakech; c’est-à-dire que l’utilisation des bus diffère d’une ville à l’autre, mais reste quand même faible par rapport aux autres modes de transport». 

Et de poursuivre : «On a également une augmentation du taux de motorisation : ce dernier est autour de 5 à 6% par année. Concernant nos infrastructures dans les villes, 80% de l’espace public sont dédiés aux véhicules particuliers, et ces mêmes véhicules passent 98% de leur temps à l’arrêt. On commence à parler de la réappropriation de l’espace public par le citoyen, puisque le citoyen marocain utilise la marche à pied comme le mode dominant : on en est à 54% de marche à pied à Casablanca, 60% à Marrakech et 66% à Rabat. Et pourtant, il reste quand même difficile pour les personnes âgées, les enfants et les mamans avec poussettes de se déplacer sur les trottoirs de nos villes». 


Pour sa part, Mounir El Houma, Directeur du pôle infrastructures, Novec, souligne que la planification urbaine revêt une importance particulière. «Il est primordial aujourd’hui de savoir pour qui on planifie la ville. La planification urbaine impacte dans une large mesure la qualité et l’efficacité des systèmes de transport et leur utilisation. D’ailleurs, on peut le constater par nous-mêmes, en général dans les villes correctement planifiées, on trouve de bons systèmes de transport; dans le cas contraire, il est difficile de planifier un système de transport urbain. Aujourd’hui, on dit d’une ville qu’elle est durable lorsqu’elle offre une meilleure qualité de vie», souligne-t-il. 

Les spécialistes du secteur des transports prévoient une mobilité de plus en plus partagée, écologique et connectée, avec des offres accessibles par des plateformes numériques présentant des combinaisons de transports. «Les villes doivent garantir trois piliers : économique, social et environnemental. Ces trois piliers, pour qu’ils soient respectés, impliquent des impératifs. Le premier, c’est qu’il nous faut bien gérer le flux du transport pour qu’on puisse assurer à la fois les trajets domicile/travail, les loisirs des habitants, l’approvisionnement en nourriture et en équipements, la liaison des villes avec l’extérieur dans un monde qui est de plus en plus interconnecté, et la réduction de la pollution et de l’utilisation de l’automobile pour avoir une meilleure qualité de l’air ainsi que l’économisation  des ressources fossiles, et donc la maîtrise de la consommation énergétique pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre et pour réduire notre dépendance», insiste Kawtar Benabdelaziz.

 

M. B. 

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