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Financement ferroviaire en Afrique : Rabat mise sur les marchés carbone

Financement ferroviaire en Afrique : Rabat mise sur les marchés carbone

L’ONCF et l’UIC ont clôturé, le 15 octobre à Rabat, un forum consacré au financement du rail africain. À l’issue de deux jours d’échanges, les participants ont adopté la Déclaration de Rabat et lancé la coalition MoveCredits, destinée à mobiliser les marchés carbone en faveur du ferroviaire et des transports publics.

Réunissant plus de 250 participants de 20 nationalités, dont des représentants de 10 réseaux ferroviaires, le Forum de Rabat a placé le financement des infrastructures ferroviaires africaines au centre des discussions. Organisée les 14 et 15 octobre 2026 sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la rencontre a rassemblé décideurs publics, opérateurs ferroviaires, investisseurs, bailleurs de fonds, industriels et experts autour des moyens d’accélérer le développement du rail sur le continent.

Les échanges ont porté sur quatre priorités : la mobilisation de capitaux et le développement de mécanismes de financement innovants, le financement du rail urbain et de la mobilité durable, l’intégration régionale à travers les corridors de fret, ainsi que l’amélioration de la préparation des projets pour renforcer leur attractivité auprès des investisseurs.

Premier résultat du forum, l’adoption de la Déclaration de Rabat s’inscrit dans le prolongement de la Déclaration de Dakar de 2023 sur le financement des projets ferroviaires en Afrique. Le texte réaffirme le rôle stratégique du rail dans la croissance économique, l’intégration régionale, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la transition climatique.

La déclaration appelle notamment à renforcer la coopération entre les pouvoirs publics, les opérateurs, les institutions financières et les investisseurs afin de développer des projets plus matures et mieux adaptés aux exigences du financement.

Parmi les pistes avancées figurent le financement mixte, les partenariats public-privé, les mécanismes de garantie et les financements climatiques. Le document souligne également la nécessité d’intégrer davantage le rail et les transports publics dans les dispositifs de financement climatique, notamment les Contributions déterminées au niveau national (CDN) et les Plans nationaux d’adaptation.

Autre annonce majeure : le lancement officiel par l’Union internationale des chemins de fer (UIC) de la coalition MoveCredits, dédiée à la mobilisation des marchés carbone au profit du rail et des transports publics.

Cette initiative vise à faciliter l’accès des acteurs ferroviaires aux financements issus de ces marchés et à générer de nouvelles ressources pour soutenir la mobilité durable. Elle prévoit notamment l’élaboration de méthodologies adaptées, le renforcement des compétences des acteurs et l’accompagnement de projets pilotes.

Les premiers axes de travail concerneront les transports collectifs urbains, la grande vitesse ferroviaire et le transfert du fret de la route vers le rail. L’objectif est notamment de valoriser financièrement les réductions d’émissions de gaz à effet de serre générées par ce changement de mode de transport.

Selon une étude de l’UIC citée dans le communiqué, le développement du ferroviaire dans les pays à revenu faible et intermédiaire pourrait permettre d’éviter jusqu’à 1,8 gigatonne de CO₂ à l’horizon 2050 et de générer entre 27 et 72 milliards de dollars de revenus carbone potentiels, selon l’évolution du prix du carbone.
Si le rail contribue à la décarbonation des transports, ses bénéfices en matière de connectivité régionale, de résilience économique et de développement durable restent encore insuffisamment valorisés dans les modèles traditionnels de financement des infrastructures.

Les marchés carbone pourraient ainsi constituer une source de financement complémentaire, à travers des revenus associés à des réductions d’émissions vérifiées. La concrétisation de ce potentiel nécessitera toutefois des méthodologies robustes, des conditions de marché adaptées et des mécanismes permettant d’intégrer ces revenus dans le financement des projets.

À travers la Déclaration de Rabat et le lancement de MoveCredits, l’ONCF et l’UIC entendent ainsi faire évoluer les mécanismes de financement du ferroviaire africain. L’enjeu est désormais de transformer les engagements et les pistes identifiées en projets concrets, capables d’attirer les capitaux nécessaires au développement du rail et à l’intégration économique du continent.

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