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Opérateurs touristiques : Les recalés de la reprise

Opérateurs touristiques : Les recalés de la reprise

 

Les acteurs du tourisme tirent toujours la gueule, malgré les aides consenties par l’Etat. 
Le secteur, fortement sinistré à cause de la crise sanitaire, peine encore à se relancer du fait des restrictions aux niveaux national et international.

 
Les opérateurs touristiques ont encore besoin d’être soutenus et accompagnés, d’autant que cette crise sanitaire qui perdure, empêche toute reprise pérenne et durable de l’activité. D’ailleurs, les experts s’attendent à un retour à la normale en 2023 au plus tôt, voire au-delà. 

Aujourd’hui, le tourisme est confronté à un double défi. Le premier est à court terme et concerne la remise sur les rails de l’activité qui, en 2019, représentait 7% du PIB et plus de 550.000 emplois directs. 

Certes, en juin et juillet derniers particulièrement, les opérateurs ont eu une petite fenêtre de tir suite à la réouverture progressive des frontières nationales : les recettes touristiques se sont appréciées de 90,1% au cours de cette période, après une baisse de 77% un an auparavant, englobant une hausse de 15,2% en juin et de 144% en juillet. Néanmoins, on est encore loin des niveaux d’avant-crise, d’autant que le repli de ces recettes s’est atténué à -42,8% à fin juillet 2021, après -62,7% à fin mai 2021 et -45% un an plus tôt. 

Selon les projections de Bank Al-Maghrib, à fin 2021, les recettes voyages devraient s’établir à 33,3 Mds de DH, en baisse de 8,6%. Et en 2022, sous l’hypothèse d’un allègement significatif des restrictions sanitaires, ces recettes connaitraient un rebond à 60,7 milliards de DH, un niveau qui reste toutefois bien en deçà de celui de 78,7 milliards enregistré en 2019. 


Par ailleurs, plus globalement, les conséquences de la pandémie de la COVID-19 sur le tourisme pourraient entraîner une perte de plus de 4.000 milliards de dollars pour l'économie mondiale.

Le second challenge est de redéfinir la politique touristique nationale, à la lumière des faiblesses et fragilités mises à nu par la pandémie. Le tourisme, dans sa conception traditionnelle, a montré ses limites. Il faut donc changer de paradigme. De modèle économique pour rendre ce secteur plus agile et plus résilient. Parce que des pandémies, il y en aura d’autres. Peut-être même plus sévères et plus destructrices.

Le tourisme national devra ainsi se réinventer dès à présent pour ne pas rater le train de la reprise. La proximité du Royaume des grands marchés émetteurs et son patrimoine civilisationnel, culturel, gastronomique… sont autant d’atouts qu’il va falloir exploiter de façon intelligente pour faire du Maroc une destination touristique de choix. 

De manière générale, et l’expérience de la Covid-19 l’a prouvé, la capacité du Royaume à apporter des réponses sanitaires fortes sera une composante essentielle pour l’avenir du secteur. Il ne s’agira plus seulement de concocter dans son coin une multitude d’offres touristiques, mais de créer tout un écosystème pour pouvoir assurer, au besoin, la sécurité sanitaire des visiteurs.

La réflexion doit donc être transversale et globale. Et c’est sur ce terrain que l’on attend le nouveau ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor.

D. W.

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