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Symposium de l’Eau : «La gestion de cette ressource est l’affaire de tous»

Symposium de l’Eau : «La gestion de cette ressource est l’affaire de tous»

Le Maroc connaît une situation particulièrement critique marquée par la sécheresse. Cela s’est caractérisé notamment par une baisse conséquente des apports en eau qui est passée de 2 milliards m3 contre 10 milliards m3/an soit une baisse de 80%. 

 

La sécurité hydrique au Maroc est désormais une priorité nationale qui nécessite la mobilisation des efforts de tous. Conscient de l’urgence de la situation, Finances News Hebdo a organisé, mercredi 5 octobre 2022 à Casablanca, en partenariat avec le ministère de l'Equipement et de l'Eau et le ministère de l'Industrie et du Commerce, le Symposium de l’eau, sous le thème : «Efficacité et sécurité hydriques au Maroc : Tous responsable !».

Cet événement de grande envergure a connu la participation d’une panoplie de personnalités dont notamment Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’Eau, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, et Abdellatif Maâzouz, président de la Région de Casablanca-Settat. 

A cette occasion, Nizar Baraka a mis l’accent sur deux éléments qu’il estime essentiels, à savoir la protection et l'efficacité hydrique. «Quand on parle de protection, on parle d’abord de la protection des citoyens de la soif, des inondations, du manque des produits alimentaires puisque les agriculteurs sont touchés par la sécheresse mais aussi de la protection des générations futures. Concernant les nappes phréatiques, il faut dire que cette année en particulier, nous avons eu une baisse encore plus importante des nappes phréatiques qui a atteint dans certains endroits jusqu’à 6 m alors que la baisse moyenne est de 3 m par an, ce qui est déjà énorme. A côté de cela, il y a aussi le volet de l’efficacité hydrique. Quand on parle d’efficacité hydrique, on parle de mieux consommer, de mieux produire et de moins rejeter». 

Et de poursuivre : «Tous ces éléments nous incitent à agir à plusieurs niveaux, à commencer par assurer une mobilisation des eaux conventionnelles à travers les barrages que nous poursuivons. Nous allons avoir une capacité de 24 milliards de m3, 16 barrages sont en cours de construction aujourd’hui, mais aussi des eaux non conventionnelles à travers le dessalement de l’eau et la réutilisation des eaux usées. Aujourd’hui à Casablanca, il y a un véritable besoin de renforcer ce volet puisqu’il y a beaucoup d’eau qui se retrouve également en mer et qui peut être utilisée. En plus de la mobilisation, il faudra assurer un meilleur équilibre et une véritable connexion entre les différents bassins. Cette eau qu’on retrouve en mer, nous pouvons l’utiliser à bon escient dans les régions qui en ont le plus besoin. Nous allons démarrer très prochainement le grand projet qui a été inscrit dans le programme 2020-2027 que nous avons accéléré conformément aux orientations royales. Il s’agit du transfert de l’eau du barrage de garde au niveau du bassin de Sebou vers le bassin de Bourgreg au niveau du barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah. Cela va permettre d’alimenter la ville de Rabat mais également contribuer à l’alimentation de la ville de Casa surtout après la connexion qui a été faite entre Casa Nord et Casa Sud. Cela nous permettrait également d’assurer le lien entre cette période actuelle où il y a un stress particulier et l’année où le dessalement de l’eau verra le jour en 2026». 

De son côté, Abdellatif Maâzouz, président de la région de Casablanca-Settat, a affirmé «que la région de Casa-Settat est la région la plus touchée par le stress hydrique. Celle-ci est essentiellement connue par la densité de sa population mais il faut rappeler que nous avons 125 communes rurales. Le besoin d’eau pour le monde rural concerne principalement l’agriculture puisque plus de 80% des ressources en eau dans la région vont vers l’agriculture et les activités similaires à cette dernière». 

Face à cette situation, la région s’est inscrite dans le programme du gouvernement et également dans la feuille de route tracée par le Roi Mohammed VI dans le cadre de la Stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2027. «On a essayé de travailler avec nos deux principaux partenaires qui sont le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Equipement et de l’Eau pour arriver ensemble à des solutions dans lesquelles nous sommes directement impliqués à travers la mobilisation de ressources financières notamment dans notre plan de développement régional. Dans ce plan, les questions de l’eau et de l’environnement prennent une importance très particulière puisque c’est à peu près 9 milliards de dirhams qui sont réservés auxdites questions», a-t-il ajouté. 

Pour Abderrahim El Hafidi, DG de l’ONEE, le modèle hydrique marocain a aujourd’hui atteint ses limites, «surtout en matière de dépendance vis-à-vis des paramètres externes que nous n’arrivons pas à gérer, à savoir les changements climatiques et l’impact direct sur la mobilisation de la ressource. La grande question est de savoir si ledit modèle va pouvoir assurer l’adéquation entre l’offre et la demande. La variabilité des apports en eau se situe entre 3 milliards m3/an et 48 milliards m3/an, ce qui représente en soi une grande problématique; d’où la nécessité d’envisager des moyens susceptibles d’améliorer notre indépendance à l’égard de cette variabilité». 

Dans le domaine de l’industrie, un engagement vis-à-vis de la préservation et la gestion de cette ressource vitale est tout aussi primordial. «Il est question de savoir comment récupérer l’eau que nous utilisons d’abord, en utiliser moins, la récupérer et ensuite faire en sorte de faire le travail de la nature qui est celui de dessaler l’eau de mer. Nous devons commencer à faire cela de manière industrielle et c’est là que le département de l’Industrie intervient notamment en matière de préservation du peu de ressources que nous avons. Nous avons des industries qui sont polluantes, disséminées et qui sont dans des endroits ou des zones où il n’y a pas d'infrastructures de traitement d’eau. Notre travail serait alors de les rassembler dans des zones industrielles particulières dont le dernier exemple est celui de Ain Lbida. Il s’agit de rassembler des huileries pour avoir un traitement de cette eau pour qu’il n’y ait pas de déversement ou de pollution dans les nappes phréatiques ou dans les oueds, a insisté, pour sa part, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce». 

Le Symposium qui a réuni une brochette d’experts de différents horizons, s’est articulé autour de trois panels : «les politiques publiques en matière de protection des ressources et d’efficacité hydriques»; «les bonnes pratiques en matière de gouvernance et de contrôle de l’eau»; et «les partenariats public-privé dans la gestion des ressources hydriques».

 

M.B.

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