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Symposium économique africain : La Zlecaf érigée en moteur de la transformation du continent

Symposium économique africain : La Zlecaf érigée en moteur de la transformation du continent

Le Policy Center for the New South (PCNS) a donné, lundi 13 juillet à Rabat, le coup d’envoi de la 4ème édition de l’Africa Economic Symposium (AES), placée sous le thème «Transformer les transitions en croissance».

 

Par Ibtissam Z.

Pendant deux jours, plus de 200 économistes, décideurs publics, universitaires et experts venus de plus de 40 pays ont débattu des grandes transitions, notamment économiques, climatiques et numériques qui redessinent l’avenir du continent africain. Le président exécutif du Policy Center for the New South, Karim El Aynaoui, a rappelé que cette édition intervient dans un contexte particulièrement exigeant pour les économies du continent.

«Cette année sera particulièrement difficile pour les économies africaines. Les marges budgétaires se réduisent, les politiques monétaires sont sous pression, l’inflation a durablement fragilisé plusieurs économies et les gouvernements doivent répondre à des attentes sociales de plus en plus fortes en matière d’emploi, d’éducation et de santé. Dans un environnement géopolitique fragmenté, il devient encore plus complexe de conduire des politiques publiques efficaces», a-t-il affirmé.

Et de poursuivre : «C’est dans ce contexte que les think tanks ont un rôle important à jouer, celui de produire des analyses fondées sur les faits et de créer des espaces de dialogue capables d’accompagner les réformes. Les conférences ne servent pas seulement à écouter des interventions, elles permettent aussi de bâtir des réseaux, de faire émerger de nouvelles idées et de construire des coopérations durables au service du continent», a-t-il souligné. Le temps fort de cette séance inaugurale a été le keynote de Wamkele Mene.

Invité d’honneur de cette édition, le premier secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) a plaidé pour une accélération de l’intégration économique africaine afin de faire face aux profondes mutations de l’économie mondiale.

Selon lui, trois mots résument aujourd’hui les défis du continent, à savoir fragmentation, potentiel et opportunité. «L’Afrique vit encore les conséquences de plusieurs décennies de fragmentation économique, industrielle et financière. Nous comptons 42 monnaies différentes, ce qui représente près de 5 milliards de dollars de coûts supplémentaires chaque année simplement pour convertir les devises nécessaires au commerce intra-africain. Cette fragmentation réduit notre compétitivité, freine les investissements et coûte des milliers d’emplois. Nous continuerons à être un continent de potentiel tant que nous ne construirons pas un véritable marché unique africain», a-t-il expliqué.

Si la fragmentation demeure aujourd’hui le principal frein au développement du continent, l’accord continental, lui, constitue désormais bien plus qu’un simple traité commercial.

«Cinquante pays africains ont ratifié la Zlecaf. Ce n’est plus seulement un engagement politique; c’est un engagement juridique en faveur d’un marché intégré. La Zlecaf fournit les règles, les protocoles et les mécanismes nécessaires pour bâtir progressivement un marché continental de plus de 1,4 milliard d’habitants. Elle devient aujourd’hui un véritable cadre de réformes économiques permettant d’améliorer la compétitivité, de renforcer les chaînes de valeur régionales et de créer des emplois pour des millions d’Africains», souligne-t-il.

Face aux bouleversements du commerce mondial, Wamkele Mene estime que le continent doit désormais miser davantage sur son propre marché. «L’incertitude qui entoure aujourd’hui certains dispositifs commerciaux internationaux montre que l’Afrique ne peut plus dépendre exclusivement des marchés extérieurs. Notre marché continental représente notre meilleure garantie. Nous devons développer notre industrie, diversifier nos exportations à l’intérieur même de l’Afrique, accroître notre capacité de production et bâtir des chaînes de valeur régionales plus résilientes. La stabilité macroéconomique est indispensable, mais elle ne suffit plus à assurer la transformation structurelle dont notre continent a besoin», a-t-il affirmé.

En 2024, le commerce intra-africain a atteint environ 220 milliards de dollars, soit une progression de 12,4% par rapport à l’année précédente. Le Secrétaire général de la Zlecaf a mis en avant les premiers résultats enregistrés par cette dynamique d’intégration.

«Nous avons mis en place le Système panafricain de paiement et de règlement en monnaies locales, créé un fonds d’ajustement pour accompagner les entreprises et lancé l’Initiative africaine pour l’industrialisation verte afin de mobiliser 100 milliards de dollars d’investissements. Malgré les défis liés aux infrastructures, au financement du commerce ou aux coûts logistiques, je reste convaincu que si nous poursuivons les réformes engagées, l’Afrique pourra devenir l’une des plus grandes économies mondiales à l’horizon 2050», a-t-il conclu. 

 

 

 

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