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Tourisme: Un pass pour la reprise

Tourisme: Un pass pour la reprise

Les recettes touristiques ont augmenté de 80% à fin mars.

L’activité reprend doucettement, mais reste encore loin des niveaux d’avant-pandémie.

L’allègement des conditions d’accès au territoire national va dynamiser le secteur, surtout avec l’opération Marhaba.

 

Par D. William

Le secteur touristique retrouve petit à petit des couleurs. Certes, il n’a pas encore atteint son niveau d’avant-crise, mais les indicateurs continuent de s’améliorer à la faveur notamment du regain d’activité qui a fait suite à la réouverture des frontières le 7 février dernier, après plus de deux mois de fermeture. Les recettes touristiques ont ainsi augmenté de 80% à fin mars par rapport à la même période de l’exercice 2021, selon les chiffres donnés lundi au Parlement par la ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor.

Au total, 3,2 millions de passagers ont été accueillis au Maroc durant la période allant du 7 février au 30 avril 2022, soit 64% du trafic aérien enregistré durant la même période de l’année 2019. Cette dynamique devrait se poursuivre, d’autant que l’Office national des aéroports (ONDA) table sur un taux de récupération du trafic passager des aéroports du Maroc de 75% pour 2022, par rapport à 2019. De même, pour renforcer la connectivité, la saison d’été 2022 sera marquée par la création de 48 nouvelles lignes.

Cette ambition de relancer le secteur est soutenue par les opérations initiées à l’international par l’Office national marocain du tourisme (ONMT), dont notamment la signature de plusieurs partenariats avec les transporteurs et tours opérateurs étrangers et le lancement simultané sur 19 marchés de la campagne «Maroc, Terre de lumière».

La diversité des actions déployées pour booster l’activité est à la mesure du sinistre subi par l’écosystème touristique à cause de la pandémie liée au coronavirus. Changement de paradigme Plus que des mesures de relance ponctuelles, le tourisme a besoin d’un profond changement de paradigme dicté par les énormes défaillances et carences révélées par la crise sanitaire. Ce secteur, qui représentait 7% du PIB et plus de 550.000 emplois directs en 2019, dans sa conception traditionnelle, a montré ses nombreuses faiblesses. Il ne s’agit donc pas d’apporter des mesures correctives superficielles, mais plutôt d’en repenser le modèle économique afin de le rendre plus agile et plus résilient.

Nous l’écrivions tantôt sur ces colonnes. Le secteur touristique doit dès à présent se réinventer pour faire du Maroc une destination de choix. Et ce, tout en exploitant ses nombreux atouts, notamment la proximité du Royaume des grands marchés émetteurs et son patrimoine civilisationnel, culturel, gastronomique… De manière générale, et l’expérience tirée de la Covid19 l’a prouvé, la capacité du Royaume à apporter des réponses sanitaires fortes sera une composante essentielle pour l’avenir du secteur.

Il ne s’agira plus seulement de concocter une multitude d’offres touristiques disparates, mais de créer tout un écosystème pour pouvoir assurer, au besoin, la sécurité sanitaire des visiteurs. La réflexion doit donc être transversale et globale dans un pays où, selon la tutelle, le taux d'occupation des établissements hôteliers classés n’était que de 50% avant la crise liée au Covid-19. En attendant, les opérateurs sont focus sur la reprise. Pour un secteur qui a été autant impacté par la crise et pour lequel l’Etat s’est saigné (voir encadré), l’ambition est de retrouver un niveau d’activité suffisamment important pour absorber une partie des pertes enregistrées ces deux dernières années.

Dans ce sens, l’assouplissement, mardi dernier, des conditions d’accès au territoire national tombe à point nommé. Et ce, d’autant que l’exigence du pass vaccinal et du test PCR pour les voyageurs qui transitent par les aéroports était en effet très rédhibitoire et a fait perdre des parts de marché au Maroc. Désormais, pour les voyageurs de 12 ans et plus, il est demandé soit un pass vaccinal, soit un test PCR négatif ne dépassant pas 72H (voir page 5). Ce nouveau dispositif permet au moins à la destination Maroc de rivaliser valablement avec les marchés concurrents et de capitaliser sur l’opération Marhaba 2022, qui devrait débuter mi-juin.

Et permet également d’espérer engranger, au terme de cette année, des recettes voyages de 60,7 milliards de DH (vs 78,7 milliards de DH en 2019), comme prévu par Bank Al-Maghrib. Une prévision qui était conditionnée par «un allègement significatif des restrictions sanitaires».

 

L’Etat à la rescousse
Pour soutenir les acteurs du secteur touristique, le gouvernement a approuvé le 14 janvier 2022 un important plan d’urgence d’un montant de 2 Mds de DH, dont 1 Md de DH pour le soutien à l’effort d’investissement des hôteliers en termes notamment d’entretien, de rénovation, de formation. Selon Fatim-Zahra Ammor, le ministère a reçu 781 demandes de rénovation d’établissements hôteliers. Parmi les autres mesures de soutien décidées, il y a eu le prolongement de l’indemnité forfaitaire de 2.000 DH pour le T1-22 aux employés du secteur, le report des charges dues à la CNSS pendant 6 mois, un moratoire relatif aux échéances bancaires des hôteliers et des transporteurs touristiques d’une durée allant à un an, avec prise en charge par l’État des intérêts intercalaires pour la période d’inactivité en 2021, en plus du T1-22. Il y a également la prise en charge par l’État de la taxe professionnelle due par les hôteliers en 2020 et 2021.

 

 

 

 

 

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