À l’occasion de la 14e réunion du Comité consultatif de défense, le Royaume et les Etats-Unis ont affiché leur ambition commune de consolider leur alliance stratégique et d’intensifier leur coopération militaire, en l’élargissant à de nouveaux domaines comme l’industrie de défense et la cybersécurité.
Le partenariat stratégique entre le Maroc et les États-Unis franchit un nouveau cap. Du 14 au 16 avril, une délégation marocaine de haut niveau, conduite par le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, et le Général de Corps d’armée, Inspecteur général des FAR et Commandant la zone Sud, Mohammed Berrid, s’est rendue à Washington dans le cadre de la 14e réunion du Comité consultatif de défense maroco-américain.
Au cœur de cette visite : une séquence diplomatique dense, marquée par des échanges à très haut niveau avec le Secrétaire américain à la guerre, Pete Hegseth, en présence des ambassadeurs des deux pays. L’objectif est clair : renforcer un partenariat déjà solide et l’inscrire dans une nouvelle dynamique, à même des enjeux sécuritaires actuels.
Au fil des discussions, les deux parties ont réaffirmé la profondeur d’une relation qualifiée d’historique, portée par une convergence stratégique et des engagements constants au plus haut niveau des deux États. Dans ce cadre, le Maroc a salué le soutien américain à sa souveraineté sur le Sahara, tout en mettant en avant son rôle de stabilisateur régional.
Au-delà du volet militaire, Rabat s’impose de plus en plus comme un acteur engagé sur les questions de sécurité et de paix. Les initiatives portées par le Royaume, de la façade atlantique africaine au projet de gazoduc Maroc-Nigeria, ont été mises en avant, tout comme son implication dans les efforts internationaux, notamment en faveur de Gaza. L’engagement des contingents marocains dans les missions de maintien de la paix en Afrique s’inscrit, à ce titre, dans cette même logique.
Sur le terrain opérationnel, la coopération entre les Forces armées des deux pays affiche un bilan solide. Formation, échanges d’expertise, exercices conjoints d’envergure comme l’exercice «African Lion»…, les axes de collaboration sont déjà multiples et bien ancrés.
Mais c’est surtout vers l’avenir que les discussions se sont tournées. Face à des menaces de plus en plus hybrides, les deux pays entendent élargir leur coopération à des domaines clés comme l’industrie de défense et la cybersécurité; des chantiers appelés à monter en puissance dans les prochaines années.
Point d’orgue de cette visite : la signature d’une feuille de route couvrant la période 2026-2036. Un document qui ne se contente pas d’entériner l’existant, mais qui trace les traits d’un partenariat appelé à gagner en intensité, en profondeur et en efficacité.
En creux, une réalité s’impose : le Maroc ne se contente plus d’être un partenaire régional. Il s’affirme, progressivement, comme un acteur stratégique dans l’architecture sécuritaire internationale.
M.L