Entre la nécessité pour l’État de financer ses grands chantiers d’investissement et celle de préserver la confiance de ses bailleurs de fonds, la gestion des finances publiques ne se résume pas au volume des ressources mobilisées. Elle pose aussi la question de leur utilisation et du rendement économique et social des investissements engagés.
C’est dans ce contexte que Ryad Mezzour, membre du comité exécutif du Parti de l’Istiqlal, a exposé, lors d'un diner-débat organisé par le site Iktissadkom, sa vision d’une gestion rationnelle des deniers publics, qu’il associe à la préservation de la capacité de l’État à emprunter dans de bonnes conditions et à l’orientation des financements vers l’investissement et l’accélération du développement.
Invité de la série de rencontres « Les enjeux économiques des élections 2026 », organisée mardi à Casablanca par le site Iqtisadkom, Ryad Mezzour a estimé qu’une gestion rationnelle des finances publiques consiste d’abord à préserver la capacité du Royaume à recourir à l’endettement dans les meilleures conditions possibles.
Il a souligné que le maintien de la notation dont bénéficie le Maroc lui permet de se financer à des taux d’intérêt relativement avantageux. Dans certains cas, a-t-il relevé, le Royaume bénéficie de conditions de financement comparables, voire plus favorables, que celles observées dans certains pays de l’Union européenne, ce qui rend d’autant plus importante la préservation de cette confiance.
Selon le membre du comité exécutif du Parti de l’Istiqlal, cette capacité de financement dépend d’un ensemble d’indicateurs suivis de près par les institutions et organismes chargés d’évaluer la situation des États, notamment les données relatives aux finances publiques et à leur capacité à honorer leurs engagements.
Il a ainsi insisté sur le fait que la confiance dont bénéficie le Maroc auprès de ses bailleurs de fonds constitue en elle-même un actif qu’il convient de préserver.
Ryad Mezzour a également mis en avant le rôle joué par les financements innovants, qui ont permis, selon lui, de réaliser plusieurs investissements qui n’auraient pas pu être financés uniquement à travers les budgets disponibles, tout en maintenant la confiance des partenaires dans la capacité du Royaume à respecter ses engagements. Il considère ainsi que la capacité à mobiliser des financements tout en préservant cette confiance constitue l’un des fondements d’une gestion rationnelle des ressources publiques.
Cette approche devrait également, selon lui, prendre en compte les capacités de l’État mais aussi celles des investisseurs disposés à engager des capitaux au Maroc. Ces derniers peuvent notamment contribuer au financement et à la réalisation d’infrastructures telles que des écoles ou des hôpitaux, avant leur exploitation et la valorisation des revenus qu’elles peuvent générer.
Ryad Mezzour s’est ainsi interrogé sur l’intérêt de se priver de tels mécanismes dès lors qu’ils permettent de mobiliser des ressources supplémentaires et d’investir dans des infrastructures et des services répondant aux besoins des citoyens. Pour lui, l’enjeu réside dans une utilisation optimale de l’ensemble des capacités financières disponibles afin d’accélérer le rythme du développement.
Il a conclu en soulignant que la bonne gestion des ressources financières de l’État permet, d’une part, de préserver la confiance des bailleurs et la capacité de financement du Royaume et, d’autre part, d’accélérer les investissements, la réalisation de nouveaux projets et la mise à niveau des infrastructures et des services. C’est, selon lui, le principe même d’une gestion rationnelle des deniers publics.