Près de 1.200 avions neufs et 75.000 recrutements : Boeing table sur un trafic passagers en hausse de près de 6 % par an en Afrique jusqu'en 2045.
Annoncées depuis Marrakech le 6 octobre 2026, les prévisions du Commercial Market Outlook 2026 de Boeing pour l'Afrique dessinent un marché parmi les plus dynamiques du monde. Porté par une population jeune et de plus en plus urbaine, l'essor de la classe moyenne et l'amélioration des infrastructures, le trafic passagers progresserait de près de 6 % par an jusqu'en 2045 (5,8 % selon la fiche de chiffres).
La flotte d'avions commerciaux du continent passerait de 755 appareils en 2025 à 1.625 en 2045. Le trafic entre l'Afrique et le Moyen-Orient affiche la croissance la plus rapide (7,1 % par an), devant le trafic intra-africain (6,5 %), qui devrait plus que tripler. L'Europe, elle, reste le premier marché international pour les vols à destination et au départ de l'Afrique, avec une croissance plus modérée de 3,4 % par an.
Des monocouloirs en tête, une flotte presque entièrement renouvelée
Sur les 1.165 avions neufs qui devraient être livrés entre 2026 et 2045, 870 seront des monocouloirs, soit 75 % du total, destinés à accompagner l'expansion des réseaux nationaux et régionaux. Les gros-porteurs représenteront 240 livraisons, soit 21 %, et la demande dans cette catégorie fera plus que doubler, la flotte passant de 135 à 315 appareils. Boeing prévoit aussi que la flotte cargo passera de 60 à 150 appareils, à mesure que se développeront la logistique, le commerce électronique et les marchés d'exportation à forte valeur ajoutée. Seuls les avions régionaux reculent, de 160 à 35 appareils.
Dans vingt ans, la flotte africaine sera presque entièrement renouvelée : moins de 125 des 755 avions actuellement en service seront encore exploités en 2045, date à laquelle 92 % de la flotte sera composée d'appareils de technologie plus récente.
140 milliards de dollars de services et 75.000 nouveaux professionnels
L'expansion de la flotte entraînera une demande croissante de services. Boeing évalue à 140 milliards de dollars le marché africain de la maintenance, de la réparation, de la révision et des modifications, ainsi que des solutions numériques, dont 90 milliards pour la maintenance, 45 milliards pour les services numériques et 5 milliards pour la formation et les services aux pilotes.
Cette demande stimule les investissements dans les capacités locales de maintenance, la formation des techniciens et les infrastructures après-vente, afin d'améliorer la disponibilité des flottes et de réduire la dépendance à l'égard de réseaux de soutien éloignés.
Les compagnies aériennes auront aussi besoin de 75.000 nouveaux professionnels : 22.000 pilotes, 25.000 techniciens et 28.000 membres d'équipage de cabine. Pour Shahab Matin, directeur Marketing des activités commerciales de Boeing, « les possibilités vont bien au-delà des avions » : elles nécessiteront, selon lui, des investissements pour rendre le transport aérien plus accessible financièrement, ainsi que dans les personnes qui contribueront à l'exploitation d'une flotte plus importante.
Boeing rappelle enfin être un partenaire stratégique du Maroc depuis plus de cinq décennies, en investissant dans le développement industriel du pays et en collaborant avec des fournisseurs locaux pour produire des composants aéronautiques, au service de l'ambition marocaine de devenir un pôle aéronautique majeur en Afrique.