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Casablanca : Le meurtre d’un chauffeur InDrive relance la question des applications de transport

Casablanca : Le meurtre d’un chauffeur InDrive relance la question des applications de transport

Retrouvé mort dans la banlieue casablancaise après plusieurs jours de disparition, un jeune chauffeur InDrive se trouve au cœur d’une enquête criminelle. Un drame qui ravive les interrogations sur la sécurité des conducteurs et le cadre réglementaire du transport par application.

La découverte du corps calciné d’un jeune conducteur travaillant via l’application InDrive à Ouled Azzouz, dans la périphérie de Casablanca, a provoqué une vive émotion ces derniers jours. Originaire de la région de Kénitra et âgé d’une vingtaine d’années, le jeune homme avait disparu alors qu’il exerçait son activité habituelle. Son véhicule, une Renault Clio noire selon plusieurs sources, demeure introuvable. Les premiers éléments de l’enquête orientent les investigations vers un enlèvement suivi d’un homicide, même si les circonstances exactes restent à déterminer.

Au-delà du fait divers, cette affaire remet en lumière les risques auxquels sont confrontés les chauffeurs opérant via les applications de transport, mais aussi les interrogations persistantes autour de l'encadrement de ces plateformes au Maroc.

Une profession de plus en plus exposée
Comme de nombreux conducteurs actifs sur les applications de mobilité, la victime travaillait seule et effectuait des courses à toute heure de la journée ou de la nuit. Une réalité qui expose ces chauffeurs à des risques particuliers.
L'affaire rappelle d'autres dossiers ayant défrayé la chronique ces dernières années. Dans la région de Rabat, Témara et Skhirat, plusieurs membres d'une bande criminelle ont été poursuivis pour avoir ciblé des conducteurs InDrive. Leur mode opératoire consistait à réserver des trajets via l'application avant d'attirer les chauffeurs dans des endroits isolés pour leur voler leurs véhicules sous la menace ou après les avoir agressés. Certaines victimes ont été séquestrées, d'autres grièvement blessées.
Plus récemment encore, à El Jadida, les autorités ont procédé au démantèlement d'un groupe soupçonné d'avoir utilisé une femme comme appât afin d'attirer des conducteurs vers des lieux isolés avant de les agresser et de les dépouiller.

Si ces affaires restent limitées au regard du nombre de courses réalisées chaque jour, elles illustrent néanmoins la vulnérabilité de ces conducteurs qui transportent quotidiennement des inconnus sans bénéficier des mêmes dispositifs de protection que d'autres professions.

Entre innovation et vide réglementaire
L'affaire intervient également dans un contexte où la question de l'encadrement des plateformes de transport continue d'alimenter les débats. Les applications de mobilité se sont progressivement imposées dans les grandes villes marocaines. Utilisées par des milliers de citoyens, elles répondent à une demande croissante de flexibilité et de disponibilité. Pourtant, leur statut juridique demeure source de controverses.
Le ministère du Transport a déjà rappelé que la législation actuelle ne prévoit pas de dispositions spécifiques encadrant ce genre de services.

De son côté, le ministère de l'Intérieur travaille sur une réflexion plus globale concernant l'avenir du transport de personnes. Abdelouafi Laftit a indiqué au Parlement qu'une étude stratégique était en cours afin d'évaluer l'organisation du secteur, son évolution et les scénarios de réforme envisageables, notamment face à l'émergence des solutions numériques.
Cette réflexion intervient alors que les tensions entre certains chauffeurs de taxi et les conducteurs utilisant des applications continuent de resurgir régulièrement dans plusieurs villes du Royaume. Plusieurs altercations ont d'ailleurs été enregistrées ces dernières années à Casablanca et ailleurs. 

L’enquête devra établir les circonstances exactes de ce crime et identifier ses auteurs. Mais une autre question restera posée une fois l’émotion retombée : celle de l’encadrement d’un secteur qui transporte chaque jour des milliers de citoyens tout en évoluant dans un environnement juridique en pleine transition. Le drame d’Ouled Azzouz pourrait ainsi relancer le débat sur les applications de transport.

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