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Musique, théâtre, poésie : Pourquoi l'été est devenu la saison culturelle marocaine

Musique, théâtre, poésie : Pourquoi l'été est devenu la saison culturelle marocaine

Les festivals d'été au Maroc ne sortent pas de nulle part. Derrière ce que beaucoup perçoivent comme une « explosion » festive repose une logique bien établie : les moussems, ces rassemblements populaires inscrits dans l'ADN culturel marocain, ont simplement trouvé leur saison naturelle et les festivals d’été ont trouvé leur public. Hicham Abkari, directeur des Arts au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication - département Culture, démystifie l'apparente profusion de festivités et explique pourquoi juin-juillet incarnent le moment de grâce où danse, musique, théâtre et poésie prennent possession des places et des villes marocaines.

Propos recueillis par Zaïnab Aboulfaraj

LaQuotidienne : Comment expliquez-vous cette « explosion » de festivals l'été au Maroc ?

Hicham Abkari : Ce n'est absolument pas une nouveauté. Vous évoquez une explosion de festivals d'été au Maroc, mais il ne faut pas oublier que nous avons les moussems depuis toujours. Le moussem, le terme même en arabe signifie « une saison », soit des activités festives qui ont tendance à être organisées chaque année.

Nous avons besoin que le ciel soit clément pour que nous puissions les organiser en plein air, et non pas dans une salle fermée. C’est évident que cela soit organisé pendant l’été, puisque ce sont de grands rassemblements publics.

D’ailleurs, les salles fermées durant l'été ne sont pas vraiment conseillées pour des gens qui veulent se retrouver entre eux, danser, manger aussi, et circuler librement.

LQ : Avez-vous un festival préféré que vous essayez de ne pas manquer chaque été ?

H.A : Oui, bien sûr, il y a un festival que j'essaie de ne pas manquer, auquel j’assiste tous les étés, il s’agit du Festival national des amateurs du théâtre.

Lorsque nous évoquons les festivals, les gens ont tendance surtout à penser à la musique. Mais il existe d'autres genres. Ici, en l’occurrence, nous évoquons le genre théâtral. Le Festival national des amateurs du théâtre me permet de découvrir parfois des pépites, mais aussi des expérimentations théâtrales. Chose que j’aime beaucoup.

Si nous parlons musique, il y a le Festival national d’Ahidous, de la province d’Aïn Leuh (province d’Ifrane). J’essaie de ne pas le manquer chaque été.

Pour moi, les festivals patrimoniaux sont une occasion de découvrir des genres qui, pour nous, habitants des grandes villes, nous n'avons pas l'occasion de voir, que ce soit en musique et en danse. Pour les autres genres, disons plus modernes, nous pouvons les découvrir, tout au long de l’année, dans les salles.

L.Q : Si quelqu'un vous dit qu’il ne sait pas quel festival choisir cet été, que lui recommanderiez-vous ?

H.A : Il n'y a que l'embarras du choix, en fait, parce qu'il y a beaucoup de festivals, musicaux bien sûr, mais également de cinéma, de théâtre, de poésie, parce que l'été est propice pour les grands rassemblements publics, le ciel est clément, pas de pluie, cela permet de se retrouver en plein air, de monter une scène.

Nous avons l’exemple de l’incontournable Festival Gnaoua et Musiques du Monde à Essaouira, le Festival Timitar à Agadir, Jazzablanca à Casablanca. Le Festival national des arts populaires de Marrakech est à ne pas rater, cet événement permet d’avoir un panorama presque complet de toutes les formes d'expressions chorégraphiques et musicales du Maroc. Sans oublier le Festival d’Abidat Rma à Khouribga. À Taroudant a lieu le Festival Taskiouine, qui est une danse classée au patrimoine mondial de l'humanité sur la liste de l'UNESCO, et j’en passe. Comme vous pouvez le remarquer, nous n’avons que l’embarras du choix.

L.Q : Quel est le meilleur moment pour vivre un festival marocain ?

H.A : Selon moi, la période juin-juillet. Le mois de juin, c'est le solstice d'été, le 21 juin, le début de l'été. Pendant cette période-là, nous avons beaucoup de festivals. Les organisateurs, surtout ceux qui sont dans le privé, essayent d’éviter août, qui est un mois de congé, et septembre équivaut à la rentrée scolaire.

Les mois de juin-juillet représentent la fin de l’année scolaire. Pour ceux qui ont des vacances, ceux qui ont des enfants, peuvent à ce moment-là partir en famille pour assister à un festival.

D'autant plus que les festivals ne durent pas très longtemps, pour la plupart, c'est une moyenne de quatre jours. Donc ils peuvent se permettre soit de voyager pour les festivals qui ont lieu loin de chez eux, loin de leur ville.

Si vous voulez dire, par moments, les conditions, en fait, il n'y a pas mieux que d'être en vacances pour pouvoir avoir le temps de, disons, rester éveillé et ne pas avoir du boulot et le stress du réveil du lendemain.

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