Les Young Moroccan Architecture Awards (YMAA) ont dévoilé jeudi les nominés de leur troisième édition, soit 52 projets retenus parmi 168 candidatures. Les lauréats seront connus en décembre, lors de la cérémonie de remise des prix à Casablanca.
C’est dans un lieu chargé d’histoire que la jeune garde de l’architecture marocaine a retenu son souffle jeudi soir. L’annonce s’est tenue aux ateliers Vincent Timsit, conçus par l’architecte Jean-François Zevaco. Un clin d’œil à l’héritage moderniste marocain, que le concours célèbre aussi à travers son Prix spécial Zévaco. La compétition entend faire connaître les talents émergents de l’architecture nationale.
Une sélection large, des catégories élargies
La sélection reflète la diversité des pratiques. Elle couvre notamment les loisirs et le tourisme, l’habitat individuel, les architectes marocains actifs à l’international ainsi que la rénovation et la réhabilitation. Cette année, le palmarès s’agrandit. Trois nouvelles catégories font leur apparition : l’architecture du paysage, les architectes marocains à l’international et les Young African Architects. Le concours, réservé aux architectes de moins de 45 ans, s’ouvre ainsi à une dimension continentale. Placée sous l’égide du ministère de l’Habitat, l’édition 2026 compte près de vingt catégories, de la santé et du bien-être à l’enseignement.
L’exercice reste exigeant. Le jury est présidé par Abdou Lahlou et réunit des figures de l’architecture marocaine et internationale, dont Chakib Benabdellah, Madison Cox, Tarik Oualalou, Manal Rachdi et Fatime-Zahra Morjani. La dynamique, elle, ne faiblit pas : la deuxième édition, en 2024, avait reçu 142 projets et couronné douze lauréats à Marrakech. Cette année, ce sont 168 dossiers qui ont été déposés.
Soutenir la jeune garde
Au fil de la soirée, un message est revenu avec insistance : Frou Akalay, PDG d’Archimedia et cofondatrice des YMAA, qui a repris le flambeau après la disparition en 2024 de Fouad Akalay, l’architecte et journaliste à l’origine du concours, a longuement plaidé pour la nécessité de soutenir la jeune garde. Selon elle, il ne s’agit plus de se limiter à la valorisation du patrimoine. Il faut aussi mettre en lumière les talents émergents, les idées nouvelles et les architectes marocains dans tout ce qu’ils représentent. Elle a rappelé que la compétition vise à reconnaître ces talents et à leur offrir une plateforme pour présenter leur travail.
Un avis partagé par Fatime-Zahra Morjani, architecte et artiste visuelle, membre du jury. Elle a souligné le rôle du concours pour encourager les jeunes architectes à développer leur savoir-faire et à contribuer au paysage architectural du pays.
Reste désormais à départager les 52 finalistes. Le verdict du jury sera rendu en décembre, à Casablanca, lors de la cérémonie qui désignera les lauréats de cette 3e édition.