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Grève des étudiants en médecine : Un différend persistant

Grève des étudiants en médecine : Un différend persistant

Aujourd’hui, la mise en œuvre de la réforme globale du système de santé risque d’être prise en otage par le bras de fer entre les étudiants des facultés de médecine et de pharmacie d’une part, et la tutelle de l’autre. 

Le secteur vit depuis quelques mois au rythme des grèves et des manifestations avec le spectre d’une année blanche. Les étudiants en grève continuent de boycotter les examens et les stages. 

Le gouvernement marocain s’est fixé l’objectif d’augmenter progressivement le nombre de professionnels de santé et atteindre 90.000 en 2025, pour pallier le manque criard de médecins dont souffre le pays. Parmi les réformes devant permettre l’atteinte de cet objectif, figure la réduction des années de formation en médecine de 7 à 6 ans. 

«Cette réforme intervient dans le sillage de l’opérationnalisation du Chantier royal relatif à la généralisation de la protection sociale, afin de renforcer les moyens et compétences médicales nationales, et que plusieurs pays limitent le nombre d’années de formation à six années» a indiqué Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, en réponse à une question orale à la Chambre des représentants en janvier dernier à ce sujet.

Cette mesure, bien que présentée comme une solution au déficit de médecins dans le pays, est vivement contestée par les étudiants en médecine, en médecine dentaire et en pharmacie, dans toutes les régions du Royaume. Ils expriment leur frustration face à l'absence de clarté concernant la 6ème année de formation, destinée à leur permettre de choisir leur spécialité. Ils critiquent également le manque d'encadrement, le retard dans la publication du cahier des charges pédagogiques pour le troisième cycle, le défaut de moyens matériels et financiers, ainsi que la surcharge des services hospitaliers, tous des éléments qui nuisent à la qualité de leur formation.

Suite à de nombreux dialogues entre les deux parties, les ministères concernés ont donné une suite favorable à 45 des 50 revendications portées par la coordination des étudiants des facultés de médecine. Cependant, au sujet de la réduction des années d’études, le gouvernement reste ferme sur sa décision. Le dialogue est arrivé à un point de non-retour, selon les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé. Le cursus de formation en médecine est maintenu à 6 ans. Et des mesures disciplinaires ont été prises à l’encontre de 66 étudiants, qui ont été suspendus pour des durées allant d’une à deux années. 

Accentuant la révolte, les étudiants se disent décidés à poursuivre leur mouvement de protestation. Ceci, par la publication d’un communiqué, dans lequel ils annoncent une série d’actions qui commencera par l’organisation de rencontres de communication, pour se poursuivre avec l’organisation d’une marche nationale le 25 avril prochain sous le signe «la marche de la résistance».

Contestant la probabilité d’une année blanche, Mustapha Aboumaarouf, Coordonnateur du réseau des facultés de médecine affirme qu’«on ne peut parler d’année blanche, puisque les examens ont été programmés une première fois, et reprogrammés une seconde fois. Les étudiants internationaux, ainsi que les étudiants militaires ont passé leurs examens du premier semestre. Il reste donc le second semestre avec ses examens, et aussi l’examen de rattrapage du premier semestre. Nous souhaitons que les étudiants se ressaisissent et poursuivent leur formation». 

Face à ce spectre inquiétant pour la formation de ces futurs médecins dont le Maroc a tant besoin, l’on vient à se demander quelles peuvent être les solutions qui pourraient convenir aux deux parties en vue d’instaurer un climat de paix favorable à l’éducation.

En réponse à cette question, le professeur de médecine et économiste de la santé, Jaâfar Heikel, prône le maintien du dialogue entre les étudiants et les ministères concernés comme unique solution à cette impasse. 

«Je ne crois pas que quelqu’un a raison dans cette situation. Il est extrêmement important qu’il y ait encore un dialogue entre les étudiants et les ministères concernés. Il serait crucial d’expliquer davantage et convaincre ces étudiants de l’importance de cette décision de réduction tout en mentionnant les mesures d’accompagnement qui suivront cette mesure. Le gouvernement ne peut pas se fermer à la discussion, il doit maintenir le dialogue jour et nuit s’il le faut, jusqu’à trouver un consensus et une issue à cette situation qui nous dérange tous».

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