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Santé : Le torchon brûle entre les syndicats et la tutelle

Santé : Le torchon brûle entre les syndicats et la tutelle

Les choses semblent prendre une tournure plus conflictuelle dans le bras de fer qui oppose, depuis plusieurs semaines, le ministère de la Santé aux syndicats du secteur qui ont plusieurs revendications touchant leur situation, les conditions de travail et, évidemment, les salaires. 

 

Abdelhak Najib 

 

En effet, les infirmiers marocains, montrent leur colère depuis plusieurs semaines, et montent à nouveau au créneau en maintenant leurs menaces d’une paralysie générale du secteur à travers une série de grèves si leurs revendications ne sont pas satisfaites par le ministère. Selon les syndicats, les demandes concernent d’abord une augmentation nette de leur salaire de l’ordre de 3.000 dirhams. Une revendication à laquelle le ministère de la Santé a tenté de répondre pour calmer les esprits et éviter de paralyser les hôpitaux et les unités de soins du pays. 

Dans une tentative de dénouer la crise dans le secteur, le ministère de la Santé a formulé une offre aux syndicats, prévoyant des augmentations allant de 1.200 à 1.500 dirhams. Insuffisant pour les concernés. Ce qui fait que l’offre a été rejetée par les partenaires sociaux. 

Ce qui a poussé encore ce conflit dans l’impasse, présageant d’une tension aussi grave que celle causée par la grève des enseignants, qui a eu des conséquences négatives sur la bonne marche de l’école marocaine. 
Si le conflit perdure entre les syndicats et le ministère de la Santé, il est fort à parier que cela aura des répercussions impactant la qualité des soins offerts à la population, qui souffre déjà à ce niveau de plusieurs dysfonctionnements pointés du doigt par le ministère de tutelle à plusieurs reprises. 

Quoi qu’il en doit, en dépit de cette nouvelle offre formulée par le ministère de la Santé en faveur des travailleurs du secteur de la santé, prévoyant une augmentation de 1.500 dirhams des salaires des infirmiers et de 1.200 dirhams des salaires des administrateurs et des techniciens (via une augmentation de l’indemnisation des risques professionnels), pour les syndicats cette augmentation ne répond pas du tout à leurs attentes. 

Dans ce sens, le Syndicat national de la santé, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a souligné, dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion avec le directeur des ressources humaines du ministère, que «la nouvelle offre du gouvernement, bien qu’elle soit plus attractive que la précédente (600 dirhams pour les administrateurs et 800 DH pour les infirmiers), doit être améliorée. La délégation présente lors de cette réunion a présenté un certain nombre de remarques, de suggestions et de conditions pour améliorer l’offre gouvernementale. Elle a demandé notamment l’amélioration de l’aspect financier, ainsi que le rapprochement de la date d’entrée en vigueur de toutes les augmentations des salaires et des indemnisations, qui doivent être programmées à partir de janvier 2024 au lieu de 2025». Quand on sait que nous sommes déjà à la fin janvier, force est de constater que le problème va traîner encore et ira au-delà des prévisions des syndicats pour ce début 2024. 

«Nous avons exigé également de rendre justice aux infirmières auxiliaires sur la base des propositions que nous avons présentées en tant que syndicat au ministère et d’identifier un calendrier bien défini pour engager un dialogue autour des revendications communes des différentes catégories de travailleurs de ce secteur, pour négocier aussi bien les revendications communes que celles propres à chaque catégorie», ajoute la CDT dans le communiqué signé par son SG, Mustapha Chennaoui. 

Ce à quoi répond le syndicat national de la santé publique, membre de la Fédération démocratique du travail (FDT), qui a précisé que la nouvelle proposition du ministère ne se hisse pas au niveau des attentes des travailleurs de la santé. Le syndicat ajoute que les futures «augmentations doivent être généralisées à tous les fonctionnaires du secteur, tout en veillant à préserver les acquis garantis par le statut de la fonction publique». 

En ce qui concerne la Fédération nationale de la santé, dépendant de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), c’est le même son de cloche : «la nécessité d’améliorer l’offre du ministère, particulièrement dans son aspect financier, en mettant des garanties plus importantes, notamment en ce qui concerne le salaire de base ainsi que les futures indemnités qui seront créées». 

Dans l’attente d’un meilleur dénouement, certaines centrales syndicales ont annoncé la poursuite de leur mouvement de protestation malgré la nouvelle offre du gouvernement. Il s’agit notamment du syndicat indépendant des infirmiers qui avait annoncé l’organisation d’une série de manifestations, dont une grève ainsi qu’une marche nationale.

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