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Cameroun : A 85 ans, Paul Biya veut mourir au pouvoir

Cameroun : A 85 ans, Paul Biya veut mourir au pouvoir

Au Cameroun, l’alternance n’existe pas dans le vocabulaire politique. En tout cas, pas du côté du pouvoir incarné par l’inoxydable Paul Biya.

A 85 ans, le président camerounais a décidé de présenter sa candidature à un septième mandat consécutif à la tête du pays lors de l'élection présidentielle prévue le 7 octobre.

"Je serai votre candidat à la prochaine élection présidentielle", a déclaré le chef de l'Etat sur les réseaux sociaux, se disant "conscient des défis que nous devons ensemble relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère".

La candidature à un autre mandat était une réponse à des "appels incessants" de ses "compatriotes du Cameroun et de la diaspora", indique-t-il.

Biya perpétue donc une tradition (présidentielle) bien africaine : celle de vouloir s’accrocher au pouvoir… jusqu’au dernier souffle de sa vie.

C’est dire qu’il n’est pas le seul dans le continent africain à avoir banni l’alternance du jeu politique. Il y a aussi :

- Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (76 ans), au pouvoir en Guinée Equatoriale depuis 1979, soit 39 ans de règne. Là-bas, le pouvoir se filialise, puisque son fils aîné, Teodoro Nguema Obiang Mangue (48 ans), est vice-président du pays depuis juin 2016.

- Yoweri Museveni, 74 ans, qui règne sur l’Ouganda depuis 32 ans.

- Ou encore Denis Sassou-Nguesso, qui a dirigé le Congo sur deux périodes : de 1979 à 1992, et depuis 1997, soit au total 34 ans.

A côté d’eux, José Eduardo Dos Santos (76 ans) n’a rendu les clés du pouvoir angolais qu’en 2017, après 38 ans à la tête de ce pays.

Idem pour Robert Mugabe qui, après 43 ans de vie politique, dont 30 ans à diriger le Zimbabwe, a été contraint par l’armée à démissionner en 2017 à l’âge de 93 ans.

Je le disais tantôt ici : même s’il l’accepte de moins en moins, le peuple africain s’est depuis longtemps habitué à cette trempe de dirigeants obnubilés par le pouvoir et qui s’y agrippent, quitte à travestir les résultats des urnes, tripatouiller la Constitution, voire réprimer dans le sang les esprits rebelles.

L’Afrique n’en a donc pas encore fini avec les autocraties. Et il en sera ainsi tant que la politique servira d’ascenseur social.

D. W.

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