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Coronavirus : Chloroquine, ce médicament bon marché qui fait polémique

Jeudi 26 Mars 2020 Par Laquotidienne

Le Maroc a introduit la chloroquine et l’hydroxychloroquine dans la prise en charge thérapeutique des cas confirmés de Covid-19.

Cette molécule divise le monde scientifique.

 

La chloroquine (Nivaquine) est un antipaludéen, de plus en plus évoqué comme une piste sérieuse et crédible pour lutter contre le coronavirus, même si elle divise le monde médical et scientifique.

Si beaucoup de scientifiques paraissaient sceptiques au début, les résultats probants obtenus sur les patients traités par cette molécule ont fait changer d’avis certaines personnes.

En France, c’est l’infectiologue Didier Raoult qui a été le premier à défendre les vertus potentiellement curatives de la chloroquine chez les patients atteints du coronavirus. Et pour plus d’efficacité, il l’a associée à un ancien antibiotique appelé Azithromycine.

Le Pr Didier Raoult s’appuie d’ailleurs sur les travaux du pneumologue chinois Zhong Nanshan, qui a découvert en 2003 le coronavirus SRAS 2 (syndrome respiratoire aigu sévère 2) et qui rapporte que sous chloroquine, la charge virale après six jours est encore plus basse chez les ma-lades traités.

En Europe, un essai clinique a démarré lundi auprès de 3.200 patients pour pouvoir donner un feu vert définitif à son utilisation :
les résultats sont attendus dans 6 semaines.

Aux Etats-Unis, le président américain Donald Trump ne jure plus que par la chloroquine et fait tout pour que ce traitement soit autorisé.

 

Qu’en est-il du Maroc ?

Au Maroc, les scientifiques ne sont pas imperméables à l’efficacité de cette molécule, mais aussi de l’hydroxychloroquine (Plaquenil). Ce n’est pas un hasard si l’Etat a récemment acheté l’intégralité du stock de Nivaquine et de Plaquenil produit par Sanofi Maroc.

D’ailleurs, le 23 mars, le ministère de la Santé a décidé, en concertation avec le Comité technique et scientifique du programme national de prévention et de contrôle de la grippe et des infections respiratoires aigües, l’introduction de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine dans la prise en charge thérapeutique des cas confirmés de Covid-19.

Une circulaire a été adressée dans ce sens aux directeurs des centres hospitaliers universitaires (CHU) et aux directeurs régionaux de la santé.

Dans cette circulaire, la tutelle demande à cet effet aux responsables des unités régionales d’approvisionnement et de la pharmacie au niveau des directions régionales de la santé de gérer les stocks de chloroquine et d’hydroxychloroquine dans un local sécurisé, tout en élaborant une liste de délivrance nominative par classe thérapeutique adressée aux structures de prise en charge.

Le ministère insiste aussi, entre autres, sur le respect du circuit d’approvisionnement afin de garantir la sécurité d’utilisation de ces médicaments, mais également leur gestion rationnelle.

Autre point important : «toute prescription doit être réalisée sur une ordonnance nominative accompagnée des informations nécessaires conditionnant la délivrance de ces médicaments», informe la circulaire.

Avant que le ministère ne prenne cette décision officielle, ce comité consultatif institué par le ministre de la Santé dans le cadre de l’accompagnement de la mise en œuvre du plan national de veille et de riposte au Covid-19, avait déjà recommandé «l’utilisation temporaire de la chloroquine et du sulfate d’hydroxychloroquine ainsi que de l’association Lopinavir/Ritonavir hors AMM».

C’était lors de sa seconde réunion tenue le 20 mars, qui a porté sur le protocole thérapeutique,
le bilan médical à réaliser pour les patients, en dehors de la réanimation,
les critères de transfert ou d’admission en réanimation et la pertinence des tests rapides.

Dans un document du ministère de la Santé, on peut lire, entre autres, que le protocole thérapeutique pour le traitement de première intention porte sur la chloroquine (Nivaquine) ou le sulfate d’hydroxychloroquine, en association avec l’Azithromycine.

Soit la même combinaison faite par l’infectiologue Didier Raoult. En définitive, le Maroc a misé sur la chloroquine, même si le 20 mars la tutelle laissait entendre que ce médicament fait toujours l'objet d'essais cliniques dans plusieurs pays afin de prouver son efficacité contre le nouveau Coronavirus.

Et au cas où le médicament contenant de la chloroquine s'avérerait efficace pour traiter le Covid-19, son utilisation serait limitée aux cas admis en hôpital et selon un protocole médical approuvé par un comité scientifique national, assurait le ministère.

 

Le Maroc enregistre 225 cas confirmés

Le passage officiel à la chloroquine, entre le 20 et le 23 mars, est sans aucun doute justifié par la situation épidémiologique relative au Covid-19 au Maroc, avec la recrudescence du nombre de contaminations, dont quelques cas groupés, et l’enregistrement de quelques cas graves et de décès.

Le Maroc compte à la date du 26 mars, 225 cas confirmés, dont 10 décès et 8 guérisons.

A noter que lors de sa seconde réunion, le Comité avait également recommandé la nécessité pour les cas bénins ou modérés de bénéficier d’une surveillance médicale bi-quotidienne et obligatoire afin de détecter précocement tout signe d’aggravation. Il avait, en outre, suggéré la mise à disposition de tests rapides antigéniques pour rendre plus facile et plus rapide la confirmation du diagnostic.

 

D. W.

 

 

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