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Abdelilah Benkirane : Une boule d’amertume

Vendredi 09 Juin 2017 Par Laquotidienne

Quand on prend goût au pouvoir, aux médias et qu’on est un peu «starisé», il est difficile de passer subitement à la trappe, dans l’anonymat le plus complet. C’est souvent synonyme de dépressions, voire de tentatives de suicides, comme nous l’ont d’ailleurs démontré certaines pseudo stars de la téléréalité en Europe. Passer de la lumière à l’ombre n’est pas évident. C’est même douloureux, surtout pour un homme politique.

Abdelilah Benkirane est-il dans ce cas de figure ? Même si son statut de secrétaire général du Parti de la justice et du développement lui confère une certaine visibilité, tout porte à le croire. Car, rappelons-le, Benkirane était censé diriger le gouvernement actuel. C’est son incapacité à former une majorité qui l’en a privé; et on ne lui a pas non plus facilité la tâche. Il a été ainsi écarté, au profit de Saad Eddine El Othmani, mis en orbite. Que Benkirane garde alors une certaine amertume peut dès lors être compréhensible. C’est frustrant de perdre ainsi son «poste», surtout s’il te revient légitimement. Est-ce cela qui explique la teneur de ses actes ces derniers temps ?

On lui prête ainsi le désir de jouer le médiateur dans la crise profonde qui secoue Al Hoceima. D’ailleurs, la presse rapporte qu’il a reçu à Rabat, le 5 juin, Ahmed Zafzafi, le père du leader du Hirak, Nasser Zefzafi. Entrevue au cours de laquelle la situation à Al Hcoeima a été évidemment évoquée. De même, il s’est attiré les foudres de Fouad Ali El Himma à propos de la visite de «courtoisie» que lui a rendue le conseiller du Roi. Benkirane aurait «laissé se répandre les fausses informations» selon lesquelles cette rencontre était une initiative du Palais consécutive à la situation qui prévaut à Al Hoceima. L’ancien chef de gouvernement n’a pas encore réagi à ce tacle de El Himma.

Il est néanmoins clair que les évènements d’Al Hoceima le remettent quelque peu en scelle. Et Benkirane est toujours nourrie par cette envie d’exister, d’être visible, de ne pas mourir politiquement. Quitte à faire des coups d’éclats.

D.W.

Saad Eddine El Othmani
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