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Abattoirs : L'inquiétant rapport de la Cour des comptes... qui coupe l'appétit

Abattoirs : L'inquiétant rapport de la Cour des comptes... qui coupe l'appétit

Mardi 11 Juillet 2017 Par Laquotidienne

La Cour des comptes (CC) vient de publier un rapport sur la gestion des abattoirs. Les travaux de contrôle réalisés par les Cours régionales des comptes, entre l’année 2007 et l’année 2015, ayant porté sur plus de 70 abattoirs, à travers le territoire national, ont permis l’identification de carences récurrentes en matière de conditions hygiéniques et sanitaires ainsi qu’au plan de la gestion. Selon la CC, ces insuffisances affectent d’une manière conséquente la qualité des viandes et constituent un handicap majeur sur le chemin de la modernisation de l’activité de production et de distribution des viandes rouges, malgré les efforts de mise à niveau du secteur entrepris par l’Etat, qui a fait de l’activité d’abattage l’un des principaux axes des deux contrats-programmes, 2009-2014 et 2014- 2020, conclus avec les professionnels de la filière des viande rouges. 

Parmi les défaillances relevées par le rapport, il y a notamment le fait que l’essentiel des structures dédiées à l’abattage sont des microstructures qui ne réunissent pas les conditions de base exigées dans le domaine. Ainsi, seules cinq structures d’abattage ont été agréées par les services compétents. A cela, s'ajoute le non-respect des dispositions relatives au contrôle et à la vente des viandes foraines et le on-respect des dispositions juridiques relatives au marquage et à la traçabilité des animaux abattus. Ainsi, il a été observé dans la majorité des abattoirs contrôlés que les animaux abattus ne font pas l’objet de procédés de traçabilité. Les chevillards n’accordent pas d’importance à l’observation de cette prescription et le contrôle sanitaire ne veille pas suffisamment à l’application de cette procédure, souligne la CC, qui relève, entre autres, l'"absence d’une chaîne d’abattage proprement dite séparant le secteur propre du secteur souillé". 

 

 250.000 tonnes de viandes non contrôlées

De même, plusieurs abattoirs ne disposent pas de locaux convenablement agencés, notamment pour la protection contre l’intrusion d’animaux et d’insectes pouvant contaminer les viandes et constituer des vecteurs de transmission de maladies. Un nombre important d’abattoirs n’est pas raccordé aux réseaux d’eau potable, d’assainissement ou d’électricité, ce qui est de nature à altérer l’hygiène de l’opération d’abattage, note le rapport, qui précise que "face à cette situation, l’approvisionnement en eau se fait parfois à partir des puits non contrôlés en dépit des risques sanitaires que ce procédé sous-tend". 

En 2016, la production totale des viandes rouges a été estimée à 550.000 tonnes, alors que la quantité produite et contrôlée au niveau des abattoirs n’a été que de 300.029 tonnes. Cette situation montre que plus de 45% des viandes produites ne proviennent pas des abattoirs et n’ont pas fait l’objet de contrôle. "Une partie de ces viandes est issue de l’abattage rituel ou festif effectué directement par les ménages", fait remarquer la CC. Selon les statistiques de l’ONSSA, il est procédé au contrôle de 698 abattoirs sur les 898 structures d’abattage existantes au niveau national (dont 181 abattoirs municipaux, 3 abattoirs privés agréés et 714 tueries rurales). Il en résulte que 200 structures (un abattoir municipal et 199 tueries rurales) ne subissent aucun contrôle sanitaire. 

En outre, selon les prescriptions du cahier des charges, un dossier médical doit être exigé de toute personne manipulant les viandes et doit être renouvelé annuellement. Ce dossier doit être tenu à la disposition du vétérinaire inspecteur. "Néanmoins, il a été observé que le personnel est rarement muni de certificats médicaux qui, du reste, ne sont pas renouvelés", précise le rapport.

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