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Monde arabe : La Covid-19 va plonger plus de 14 millions de personnes dans la pauvreté

Monde arabe : La Covid-19 va plonger plus de 14 millions de personnes dans la pauvreté

Jeudi 23 Juillet 2020 Par Laquotidienne

 

L’économie de la région devrait se contracter de 5,7%.

L’Organisation internationale du travail (OIT) évalue des pertes équivalant à 17 millions d'emplois à temps plein au deuxième trimestre 2020.


La pandémie de la Covid-19, qui a révélé de graves failles et vulnérabilités dans les sociétés, les institutions et les économies du monde entier, risque de projeter quelque 14,3 millions de personnes dans la pauvreté dans le monde arabe, qui comptera ainsi plus de 115 millions de pauvres, selon l'organisation des Nations-Unies.

Ce chiffre représente un quart du total de la population (436 millions) de la région, qui pourrait également connaître des pénuries alimentaires et des hausses de prix en raison de sa grande dépendance des importations des produits alimentaires, selon la note de synthèse de l’ONU sur l’impact de la pandémie de la Covid-19 dans le monde arabe, publiée jeudi.

Dans une région où 14,3 millions de personnes étaient déjà au chômage, l’Organisation internationale du travail (OIT) évalue des pertes équivalant à 17 millions d'emplois à temps plein au deuxième trimestre de 2020.

Le rapport des Nations-Unies relève également que la région arabe a initialement maintenu les taux de transmission du virus et de mortalité inférieurs à la moyenne mondiale, mais les tendances récentes sont "préoccupantes", en particulier compte tenu de la fragmentation des services de soins de santé et de l'insuffisance des soins primaires dans de nombreux pays.

La pandémie a également amplifié de nombreux défis vieux de plusieurs décennies, notamment la violence et les conflits, les inégalités, le chômage, la pauvreté, l’inadéquation des filets de sécurité sociale, et un modèle économique qui n'a pas encore répondu aux aspirations de tous.

L’ONU estime, par conséquent, que les répercussions de la pandémie seront probablement profondes et durables. L’économie de la région devrait ainsi se contracter de 5,7%, tandis que l’économie de certains pays en conflit devrait reculer de 13%, soit une perte globale de 152 milliards de dollars.

Et de noter dans ce sens que le double choc de la pandémie et de la chute des prix du pétrole a poussé le Fonds monétaire international (FMI) à abaisser ses prévisions économiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à son plus bas niveau en 50 ans.

La note de synthèse fait aussi état d’une baisse attendue de l’investissement direct étranger (IDE) de 45%, privant la région de 17,8 milliards de dollars qui auraient pu être utilisés dans les efforts de reprise et la création d’emplois.

Les flux d'IDE avant la pandémie étaient déjà tombés à 31 milliards de dollars en 2018, contre un pic de 88,5 milliards de dollars en 2008.

Les secteurs qui pourraient être les plus touchés par la baisse des IDE sont les industries électriques et les industries des transports, qui représentent les chaînes de valeur mondiales les plus intégrées.

Sur 1.000 milliards de dollars d'exportations, la région arabe devrait perdre 35 milliards à cause de la crise de la Covid-19, hors perte de revenus pétroliers.

De plus, étant donné que la plupart des exportations de la région sont liées à l'énergie, la baisse mondiale des prix du pétrole et les fortes baisses de production signifient que la région verra ses revenus pétroliers et gaziers baisser de 329 milliards de dollars en 2019 à 197 milliards de dollars en 2020 (soit 40 pc de perte).

Si la principale baisse des exportations de la région arabe proviendra vraisemblablement du pétrole, les deuxième et troisième secteurs les plus touchés sont l'agriculture et les produits alimentaires, qui devraient baisser de 6%, et les textiles et vêtements de 5%.

La région devra également importer 111 milliards de dollars de moins que les 828 milliards de dollars habituellement importés avant la pandémie.

Si une part importante des réductions des importations concerne les biens de consommation, les importations d'équipements et de matières premières en souffriront également, ce qui affectera le rythme de la reprise. 

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