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RAM – AMPL : Les dommages collatéraux d'un conflit larvé

RAM – AMPL : Les dommages collatéraux d'un conflit larvé

Mardi 24 Juillet 2018 Par Laquotidienne

Y aura-t-il une issue au conflit qui oppose la direction de Royal Air Maroc aux pilotes de ligne ?

L’horizon ne s’éclaircit pas pour l’instant, car même si les deux parties se disent ouvertes au dialogue, il semble difficile de rapprocher leurs vues.

Dans ce bras de fer, il y a néanmoins des dommages collatéraux, puisque les principales victimes en sont les usagers de la compagnie.

Plusieurs vols ont ainsi été annulés, causant de nombreux désagréments à tous ceux qui avaient prévu de voyager.

Rien que pour ce mardi 24 juillet, 12 vols ont été annulés, a fait savoir la compagnie dans son compte twitter.

Pourtant, l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) reste droit dans ses bottes : «les pilotes ne sont pas en grève».

Lors d’une conférence donnée lundi, elle a notamment tenu à éclairer l’opinion publique sur les causes des perturbations actuelles (annulations de vols, retards, etc.).

«Quand on est en flux tendu comme c’est le cas pour la RAM, il ne faudrait pas s’étonner que des perturbations surviennent», précise le président de l’AMPL, Amine Mkinsi.

Ce dernier qualifie ouvertement de mensonges les allégations de grève car, selon lui, les pilotes de la RAM continuent de respecter les programmes de vol et les astreintes.

Sauf qu’ils ne sont plus disposés, comme par le passé, à faire des concessions sur leurs programmes, notamment les 48 heures off. Ils sont plus que jamais déterminés à faire respecter leurs droits.

 

Pourquoi une telle posture ?

Pour appréhender les dessous des multiples causes du bras de fer actuel RAM – AMPL, il faut remonter à la crise qui avait débuté en 2008 et qui avait frappé la compagnie nationale.

Pour sortir de la mauvaise passe, l’Etat actionnaire avait exigé de la RAM une restructuration conduisant celle-ci à se recentrer sur son activité principale.

Ce qui a débouché, entre autres, sur la cession des hôtels et à la fermeture de l’Ecole nationale des pilotes de ligne (ENPL), l’une des causes directes du sous-effectif des pilotes, selon Amine Mkinsi.

D’ailleurs, la détérioration des conditions de travail des pilotes, conséquence directe du sous-effectif, constitue une source de mécontentement de l’AMPL, qui attire l’attention sur le fait que la RAM peine à attirer des pilotes étrangers.

Sur un besoin de 86 pilotes étrangers, la compagnie aérienne n’a pu recruter en CDD qu’une vingtaine.

Visiblement, les efforts de la RAM ne suffisent pas, quand bien même elle propose un salaire de 6.700 euros par mois aux pilotes étrangers.

A cela, s’ajoutent 5 jours off par mois, en plus des 48 heures off par semaine.

A l’inverse, les pilotes marocains qui, en début de carrière, démarrent avec un salaire oscillant entre 48.000 et 50.000 DH, ne bénéficient pas de l’avantage des 5 jours off par mois.

C’est pourquoi sur la liste des revendications de l’AMPL, qui comprend la revalorisation des salaires (15.000 DH en trois tranches sur 5 ans), l’amélioration des conditions de travail, la réouverture de l’ENPL et la prise en compte des doléances de RAM Express, figure aussi l’obtention de 4 jours off par mois pour se rapprocher des avantages accordés aux pilotes étrangers.

En outre, concernant les salaires mirobolants que l’on prête aux pilotes de la RAM, Amine Mkinsi rétorque qu’«en faisant un benchmark international, l’on s’aperçoit que les pilotes marocains ne sont pas les mieux lotis, sachant que les salaires sont dictés par le marché international, caractérisé par une forte demande chinoise. Ce qui tire les salaires vers le haut».

En définitive, conclut le président de l’AMPL, «toutes nos revendications sont suspendues au contrat-programme entre la RAM et l’Etat dont on entend parler depuis longtemps et qui jusque-là n’a pas été signé».

Le moins que l’on puisse dire actuellement c’est que ces tensions sociales tombent mal, d’autant qu’elles surviennent en pleine période estivale.

Et, à l’évidence, elles nuisent à l’image d’un Maroc qui a fortement parié sur le tourisme.
 
M. D. & D. W 

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