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Turbulences à Royal Air Maroc

Turbulences à Royal Air Maroc

"Tous les vols prévus ce mercredi ont été maintenus. J’ai moi-même un vol tout à l’heure. Faire la grève, c’est refuser d’aller travailler. Le PDG de la compagnie fait dans la surenchère en parlant de grève". C’est ce que nous a confié un pilote de Royal Air Maroc joint ce début d’après-midi au téléphone.

«C’est un mouvement d’humeur, nous sommes encore en pleine négociation. Nous avons seulement décidé de nous en tenir strictement au protocole d’accord, en ne faisant plus de compromis ni de largesse», ajoute-t-il.

Dans sa note d’information publiée en effet le 17 juillet, l'Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) demande entre autres aux pilotes, en astreinte, de rejoindre l’aéroport dans la limite de 3 heures après déclenchement et de refuser certains changements dans les programmes de vol. 

«La direction veut visiblement nous mettre en mal avec l’opinion publique. Par contre, sa posture risque effectivement de nous mener à la grève», précise notre interlocuteur. 

Si les pilotes s'en tiennent à ce qui ressemble fort à "un service minimum", certains vols risquent évidemment d'être perturbés, voire annulés.

A l’évidence, cette affaire remet à nouveau sur le devant de la scène la paix sociale précaire qui règne au niveau de la compagnie nationale.

Une compagnie souvent secouée par des grèves et mouvements d’humeur de la part de pilotes qui engagent régulièrement des bras de fer avec la Direction.

Et tout cela n’est que la conséquence des tensions persistantes qui existent depuis plusieurs mois entre le management et les pilotes.

En toile de fond de ces tensions, la revalorisation salariale et l’Ecole nationale des pilotes de ligne, entre autres.

Ce sur quoi les deux parties n’arrivent visiblement pas à accorder leur violon.

Et le ton particulièrement virulent et alarmiste utilisé dans le courrier du PDG de la RAM, Abdelhamid Addou, plaide plutôt pour une exacerbation des tensions sociales, surtout que, de son côté, l’AMPL dénonce «des volte-face dans les positions du management, l’apparition de nouvelles exigences et de positions précédemment écartées».

Bref, rien ne va dans le sens de l’apaisement. Pour l’instant en tout cas.

Mais dans cette épreuve de force entre la direction de la compagnie et les pilotes, une vérité est sortie des écrits du PDG himself. Cette grève «affectera l’image de l’entreprise déjà écornée».

De mémoire, c’est la première fois que le management de la RAM reconnaît que la compagnie jouit d’une image peu reluisante. Et, il ne faut pas en douter, cette ambiance délétère va davantage enfoncer le clou de la suspicion qui entoure la compagnie.

D. W.

RAM

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