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Campagne agricole 2023-2024 : Quand le climat chahute la croissance

Campagne agricole 2023-2024 : Quand le climat chahute la croissance

La campagne agricole 2023-2024 a été sévèrement affectée par les conditions météorologiques, entraînant une chute drastique de la production céréalière et des répercussions significatives sur la croissance et l'emploi. Elle met en lumière la vulnérabilité de l’économie marocaine face aux aléas climatiques.

 

D.William 

La campagne agricole 2023-2024 est encore une fois chahutée par les conditions climatiques particulièrement difficiles, avec des répercussions profondes sur la production agricole, la croissance économique et le marché de l'emploi.

Retard des pluies, rareté des précipitations dans certaines régions, cumul pluviométrique national en baisse, variation importante des températures minimales et maximales…sont en effet autant de facteurs qui ont négativement impacté cette campagne. Conséquence  : la production prévisionnelle des principales céréales (blé tendre, blé dur et orge) est estimée par le ministère de l’Agriculture à 31,2 millions de quintaux, soit une chute drastique de 43% par rapport à la campagne précédente, qui avait atteint 55,1 millions de quintaux.

En outre, la superficie semée en céréales principales a diminué de 33%, passant de 3,67 millions d'hectares à seulement 2,47 millions d'hectares. Cette réduction de superficie et de rendement a eu un effet domino sur l'ensemble de la chaîne de valeur agricole.

Toutefois, malgré les conditions climatiques défavorables, les cultures maraîchères et arboricoles ont montré une certaine résilience. Les conditions climatiques se sont améliorées à partir de février 2024, favorisant une bonne production maraîchère qui a couvert les besoins du marché national en légumes essentiels tels que la tomate, l'oignon et la pomme de terre, avec une production totale atteignant 5,6 millions de tonnes. Les cultures arboricoles ont également bénéficié de conditions favorables pendant les phases critiques de nouaison et de floraison, contribuant à une production satisfaisante de fruits.

De même, le secteur de l'élevage, bien que confronté à des défis climatiques, a réussi, selon la tutelle, à maintenir son équilibre grâce à plusieurs mesures gouvernementales.

Parmi elles, la distribution de l'orge subventionnée et d'aliment composé aux éleveurs a été cruciale. Le soutien à l'importation des ovins (suspension des droits de douane et de la TVA, et subvention pour l’importation des ovins) a également aidé à approvisionner le marché national en produits animaux, ce qui est particulièrement important à l'approche de l'Aïd Al-Adha.

Ces mesures gouvernementales viennent en complément à d’autres initiatives prises, comme la mise à disposition de 1,1 million de quintaux de semences céréalières certifiées à des prix subventionnés, une subvention financière au profit des agriculteurs pour l’acquisition des engrais azotés, des semences et plants de tomate ronde, d’oignon et de pomme de terre, ou encore l’encouragement de l’investissement dans le secteur agricole à travers l’octroi d’incitations dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA).

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