Dans une analyse publiée jeudi 21 mai, le Fonds monétaire international (FMI) estime que le modèle de croissance porté principalement par l’investissement public atteint aujourd’hui ses limites et plaide pour une dynamique davantage fondée sur l’investissement privé, les gains de productivité et les réformes structurelles.
Intitulé « L’Afrique a besoin d’un nouveau départ en matière de croissance », le rapport intervient dans un contexte international marqué par le durcissement des conditions financières, la hausse des coûts d’emprunt et le recul progressif de l’aide extérieure. Pour le FMI, ces évolutions réduisent considérablement les marges de manœuvre des États africains, particulièrement en Afrique subsaharienne, où la croissance actuelle demeure insuffisante pour améliorer durablement les niveaux de vie.
L’institution basée à Washington considère ainsi que le continent doit désormais construire un modèle économique capable d’attirer les capitaux privés, de stimuler la productivité et de générer des emplois plus qualifiés pour une population jeune en forte expansion.
« Alors que la conjoncture mondiale se détériore et que la marge de manœuvre politique se réduit, la région a besoin d'un nouveau modèle de croissance », souligne le Fonds, qui insiste sur la nécessité d’un basculement progressif vers une économie moins dépendante de la dépense publique.
Le FMI met également l’accent sur la réforme des entreprises publiques, notamment dans les secteurs stratégiques de l’énergie et des transports. Selon l’institution, des tarifs maintenus artificiellement en dessous des coûts réels fragilisent les capacités d’investissement et détériorent, à terme, la qualité des services rendus.
Au-delà des équilibres macroéconomiques, le rapport insiste sur la question de la gouvernance, présentée comme un levier central pour restaurer la confiance, renforcer la mobilisation des ressources et encourager l’investissement. Le FMI estime toutefois que la réussite de ces transformations dépendra largement de leur acceptabilité politique et de leur mise en œuvre effective, dans des contextes où les résistances sociales aux réformes demeurent fortes.
L’institution recommande ainsi des réformes « progressives et inclusives », accompagnées de dispositifs de protection pour les populations les plus vulnérables ainsi que d’un renforcement des capacités institutionnelles des États.
Le message du FMI se veut sans ambiguïté : sans réformes structurelles engagées dès maintenant, le risque d’un nouvel échec de la convergence économique africaine au cours de la prochaine décennie devient de plus en plus tangible.
Pour le Fonds, une trajectoire de réformes réussie permettrait au contraire de transformer les efforts actuels de stabilisation macroéconomique en une croissance durable, capable de créer des emplois de qualité et d’améliorer les conditions de vie d’une jeunesse africaine en pleine expansion.