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Hausse des températures : Ça craint pour le Maroc !

Hausse des températures : Ça craint pour le Maroc !

Dans son dernier rapport publié sous le titre «Résilience climatique pour la transition énergétique au Maroc», l’Agence internationale de l’énergie lance l’alerte. Selon l’équipe de Fatih Birol, «si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas atténuées, le Royaume pourrait connaitre des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses» avec des effets dangereux dans plusieurs domaines. Les détails.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) sonne l’alerte sur les hausses récurrentes de température au Maroc. Dans un rapport publié récemment sous le titre «Résilience climatique pour la transition énergétique au Maroc», l’équipe dirigée par Fatih Birol relève que dans un niveau moyen de concentration de gaz à effet de serre (GES), l'augmentation annuelle moyenne de la température devrait atteindre 1,5°C à 1,8°C en 2050, par rapport à la période de référence 1981-2018 ; tandis que dans un scénario à fortes émissions, la hausse moyenne annuelle de la température pourrait atteindre entre 2°C et 3°C. Et que si les émissions de GES ne sont pas atténuées, le Royaume connaitrait des vagues de chaleur plus fréquentes, plus intenses et plus étendues, qui pourraient créer beaucoup d’impondérables.

Hausse de la demande d’énergie

A commencer par l’augmentation notable de la demande d'énergie pour le refroidissement, avec la probabilité d'accroître la dépendance du Royaume aux interconnexions régionales. En effet, pour faire face à la hausse de la demande de pointe en été, le Maroc s'appuie de plus en plus sur ses interconnexions régionales. Les importations nettes d'électricité sont ainsi passées de 2 TWh en 2006 à 5,3 TWh en 2016 , ce qui représentait déjà 14% de l'approvisionnement total en électricité du pays. Les importations d'électricité en provenance d'Espagne ont atteint des niveaux record au cours des quatre dernières années, faisant grimper les achats nets d'électricité en juin à plus de 200 GWh. Du coup, l'augmentation continue des températures pourrait nécessiter l'extension des réseaux interconnectés existants, ainsi que le développement de nouvelles interconnexions avec l'Espagne et le Portugal.

Autre impondérable en vue : dans un scénario à fortes émissions, les vagues de chaleur pourraient faire perdurer la diminution des précipitations annuelles moyennes dans le pays, prévient l’AIE. Dans ce cas, les projections climatiques montrent que les sécheresses les plus fréquentes et les plus graves se produiraient surtout dans le centre et le sud du Royaume. Par ailleurs, cette baisse des précipitations et d'augmentation des sécheresses risquent également d'interrompre la production d'énergie hydroélectrique et de relancer le recours au charbon pour la production d'électricité et le refroidissement, ce qui serait à contre-courant de l’orientation du Royaume qui vise à baisser ses émissions de GES de 45,5% à l’horizon 2030, conformément à sa CDN révisée.

Prémunir le secteur de l’énergie contre les aléas climatiques

Ce n’est pas tout ! Les vagues de chaleur pourraient également affecter l'efficacité de la transmission et de la production d'électricité à partir des centrales solaires photovoltaïques et éoliennes. La production d'énergie solaire photovoltaïque et éolienne pourrait en effet se dégrader pendant les vagues de chaleur, car elles sont généralement conçues pour des conditions autour de 25°C, relève l’AIE. Ceci sans oublier que la hausse des températures réduirait également la capacité de transmission et entrainer des pertes plus importantes en provoquant le réchauffement, l'expansion ou l'affaissement des lignes électriques. Partant, cela fragiliserait davantage le secteur de l’énergie, qui est au coeur de la stratégie du Royaume en matière de lutte contre le changement climatique.

Alors que faut-il faire pour éviter ces deux scénarios catastrophes de réchauffement climatique et assurer une transition énergétique résiliente au changement climatique au Maroc ? L’AIE recommande d’établir un plan sectoriel dédié au secteur de l'énergie. Un plan sectoriel qui inclurait l’évaluation complète des impacts climatiques, l'élaboration de plans spécialisés pour les zones à haut risque, l'évaluation de l'effet de la diversification sur le bouquet énergétique et le passage à des technologies économes en eau et résilientes à la chaleur. Ces divers éléments devront permettre ensuite d’élaborer des stratégies spécifiques pour le secteur de l'énergie contre divers types d'aléas climatiques et soutenir le fonctionnement continu des systèmes énergétiques face aux catastrophes d'origine climatique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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