La croissance économique nationale aurait atteint 5% au premier trimestre 2026, en variation annuelle, au lieu de 4,1% au quatrième trimestre 2025. Au deuxième trimestre 2026, sous l’hypothèse de la stabilisation des prix de l’énergie, la croissance du PIB se poursuivrait au rythme de 4,7%, selon le haut-commissariat au Plan.
À fin 2025, la croissance économique est restée stable, atteignant 4,1% au quatrième trimestre contre 4% au trimestre précédent. Cette performance repose principalement sur la vigueur de la demande intérieure. La consommation des ménages a progressé de 4,4%, soutenue par l’amélioration de l’emploi et des revenus, tandis que l’investissement, bien qu’en ralentissement, est resté dynamique (+8,5%).
En revanche, la contribution des échanges extérieurs est restée négative, les importations (+10%) continuant de croître plus rapidement que les exportations (+6,1%).
Sur le plan sectoriel, les industries manufacturières ont montré des signes de reprise, notamment grâce aux filières agroalimentaire et pharmaceutique, tandis que les secteurs extractif et de la construction ont souffert de conditions climatiques défavorables.
Par ailleurs, les équilibres macroéconomiques se sont améliorés, avec une réduction du déficit budgétaire et du besoin de financement global.
Au premier trimestre 2026, l’économie nationale aurait connu une accélération de la croissance à 5%, portée par un rééquilibrage en faveur de l’offre. Ce retournement est largement attribuable à une excellente campagne agricole, favorisée par une pluviométrie exceptionnelle (+86,6% par rapport à une année normale).
L’activité agricole aurait ainsi progressé de 14,8%, contribuant significativement à la croissance globale. Hors agriculture, la croissance aurait légèrement ralenti (3,8%), en raison du fléchissement des industries extractives et de la construction, bien que les services et l’industrie manufacturière soient restés relativement dynamiques.
Dans le même temps, la demande intérieure a continué de soutenir l’activité, bien qu’à un rythme plus modéré (+4,8%). La consommation des ménages a progressé de 4,6%, notamment grâce à l’amélioration des revenus ruraux et à la baisse des prix alimentaires.
L’inflation globale s’est d’ailleurs inscrite en territoire légèrement négatif (-0,1%), tirée par le recul des prix alimentaires, malgré une légère hausse des prix des services.
Les échanges extérieurs ont également pesé moins fortement sur la croissance, grâce à une amélioration relative des exportations (+7,4%) et à un ralentissement des importations (+6,9%).
Les conditions monétaires sont restées favorables au financement de l’économie. Les crédits bancaires ont augmenté de 8,2%, soutenus par les prêts à l’investissement et à l’immobilier. Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25%, tout en renforçant ses interventions pour répondre au déficit de liquidité. Les taux d’intérêt ont globalement baissé, tandis que le Dirham s’est déprécié face à l’Euro mais apprécié face au Dollar.
Pour le deuxième trimestre 2026, les perspectives restent favorables, avec une croissance attendue de 4,7%. Celle-ci devrait être soutenue par les effets positifs du redressement agricole et par la résilience de la demande intérieure.
Toutefois, les incertitudes demeurent importantes, notamment en raison des tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran et de leurs répercussions sur les prix énergétiques. Dans un scénario central, le prix du pétrole se maintiendrait entre 85 et 100 dollars le baril, avant de se replier progressivement.