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Tomate marocaine : Malgré un recul des exportations, le Royaume reste sur le podium mondial

Tomate marocaine : Malgré un recul des exportations, le Royaume reste sur le podium mondial

Malgré un recul de 11,45% de ses exportations au cours de la saison 2025/2026, le Maroc confirme son statut de poids lourd du commerce mondial de la tomate. Une performance qui témoigne de la solidité de la filière, même si celle-ci doit désormais composer avec des défis croissants liés au climat, aux exigences réglementaires européennes et à l’évolution des attentes des consommateurs.

En dépit d’une régression du volume exporté, le Maroc demeure un acteur majeur du marché mondial de tomates. Selon un rapport publié récemment par Morocco Foodex relatif à la saison 2025/2026, 549.000 tonnes ont été exportées contre 620.000 tonnes une saison auparavant, soit une baisse de 11,45%. Avec cette réalisation, le Maroc devient le troisième exportateur mondial de tomates, avec une part de marché de 9,6%, derrière le Mexique et les Pays-Bas, mais surclasse l’Espagne pour la troisième année consécutive.

Par destination géographique, l’Union européenne reste son principal client. Ce marché a reçu 510.000 tonnes au cours de la même période contre 576.000 tonnes une saison auparavant, soit une baisse de 11,45%. Les autres marchés ont, eux aussi, connu un recul des exportations, à l’image de l’Afrique subsaharienne avec 29.000 tonnes contre 30.000 au cours de la saison dernière. Les pays du Golfe sont le troisième marché des tomates marocaines avec 2.000 tonnes expédiées au cours de la saison 2025/2026.

En valeur, les exportations de tomates marocaines représentent 1,3 milliard de dollars, soit près de 9% du marché mondial qui culmine à 11,65 milliards de dollars.

«La tomate marocaine est un produit phare de l’agriculture nationale. Elle a profité de la dynamique enclenchée par le Plan Maroc Vert (PMV) qui a permis d’augmenter les exportations de 35%», souligne Abdelmounaim Guennouni, consultant dans le secteur agricole. Et de préciser que «le Royaume a intérêt à diversifier ses débouchés pour ne pas être dépendant des marchés classiques comme celui de l’Europe».

S’agissant des potentialités pour le développement de l’export des tomates marocaines, le rapport de Morocco Foodex note que «les marchés français, britannique et allemand ont le potentiel d’exportation le plus élevé. Cependant, c’est le marché espagnol qui a enregistré la demande la plus élevée, avec une possibilité d’exportations additionnelles de 133 millions de dollars, suivi de la Roumanie avec 33 millions de dollars, l’Italie 29 millions de dollars, la Pologne 18 millions de dollars, la Suède 14 millions de dollars et la Suisse 13 millions de dollars».

Selon Ali Rougui, concepteur du rapport de Morocco Foodex, les tomates marocaines sont confrontées à plusieurs défis majeurs à l’export. En premier lieu figurent les défis climatiques : puisque le Royaume est un pays semi-aride, le risque de sécheresse sévère demeure omniprésent impactant la production et la qualité. A cela s’ajoutent les exigences phytosanitaires toujours plus strictes imposées par les marchés européens, principal débouché des tomates marocaines. Le Pacte vert pour l'Europe (ou European Green Deal) est une entrave majeure pour les produits marocains, d’autant qu’il implique la pratique d’une culture durable et des restrictions au niveau de l’utilisation des insecticides et des pesticides.

Parallèlement, les consommateurs accordent une importance croissante à l’impact environnemental des produits, ce qui renforce la demande pour des tomates affichant une faible empreinte carbone et hydrique. Le secteur doit également composer avec les évolutions réglementaires des marchés d’exportation, notamment le durcissement des normes écologiques. Les restrictions sur les résidus de pesticides compliquent l'accès aux marchés, ce qui peut influencer la compétitivité. S’y ajoutent les défis logistiques, notamment liés à la disponibilité des conteneurs réfrigérés, dans un contexte où les perturbations de la chaîne du froid peuvent entraîner des retards, des pertes de qualité et une hausse des coûts. Enfin, les barrières non tarifaires sont, elles aussi, un défi majeur à relever pour les tomates marocaines car elles impliquent des exigences d'étiquetage.  Le marché reste par ailleurs marqué par une forte volatilité des prix, sous l’effet combiné de l’offre et de la demande mondiales, des aléas climatiques et de l’évolution des coûts de production.

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