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MHE : «Le secteur du textile a prouvé sa résilience face à la crise»

MHE : «Le secteur du textile a prouvé sa résilience face à la crise»

 


• Le ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Économie verte et numérique vient d'organiser le «Rendez-vous de l'industrie textile». Une occasion qui a permis de débattre des nouveaux défis et perspectives du secteur à l’aune de la crise de la Covid-19.

• Les industriels saluent les avancées réalisées dans le cadre du Plan d’accélération industrielle.


Le secteur du textile au Maroc est aujourd’hui confronté à plusieurs défis, dont la concurrence des produits étrangers ou encore le défi de la décarbonation des produits à l’export destinés à l’Union européenne. Il est donc nécessaire pour le secteur de se préparer dès maintenant à l’éventuel impact que pourrait avoir une telle taxe sur la compétitivité des entreprises marocaines. Ces nouveaux défis pourraient également être un moyen et une opportunité pour consolider l’offre marocaine et se positionner en tant que destination de production industrielle. 

Pour se pencher sur ce type de problématiques, le ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Économie verte et numérique vient d'organiser le «Rendez-vous de l'industrie textile». Cet événement tenu en ligne et qui a réuni les acteurs publics et privés du secteur au Maroc, a été l'occasion d’échanger autour des avancées réalisées dans le secteur mais aussi des perspectives de son développement.

Présent lors de cet événement, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Économie verte et numérique, a rappelé l’importance de ce secteur, ainsi que l’impact qu’il a subi suite à la crise de la Covid-19 : «Nous avons un secteur vivant qui a donné une marque de fabrique vivante. Le Maroc a choisi de s’ouvrir à l’économie mondiale, cela a donné ses fruits. Le revers de la médaille, c’est quand il y a une crise internationale, le pays est concerné». Et d’ajouter : «La crise sanitaire a touché le monde entier, la consommation a beaucoup baissé car les fermetures successives dans plusieurs pays ont eu un impact sur les producteurs. Nous avons travaillé d’arrache-pied avec l’Amith entre autres, afin de permettre au secteur de rester productif, et finalement les résultats étaient au rendez-vous».

Le ministre a également mis en perspective la reprise du secteur, et notamment sa performance à l’export depuis le début de l’année. «En termes de performances des pays exportateurs vers l’Europe, le Maroc est en tête de liste depuis le début de cette année, avec une progression de plus de 23%. Nous sommes dans une situation mondiale difficile dont nous avons subi les conséquences. Nous sommes donc ravis de ce rebond et nous espérons réaliser mieux».

Premier pourvoyeur d’emploi industriel

Lors de cette rencontre, il a également été question de rappeler l’importance du secteur au sein du tissu industriel national. Selon Mohamed Boubouh, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) «Il s’agit du premier employeur industriel au Maroc. Il faut dire aussi que la crise de la Covid-19 a démontré que nous sommes un secteur important pour le pays. D’ailleurs, la production des masques aux standards internationaux en un temps record, malgré les mesures sanitaires, en est une preuve». Le président de l’Association a également rappelé le défis pour les industriels nationaux d’adopter des processus plus responsables dans leurs modes de production, soulignant que : «L’industrie verte est aujourd’hui une nécessité pour nous. Nous sommes obligés à être en adéquation avec les nouvelles normes européennes en la matière». 

De son côté, Taha Ghazi, directeur des Industries du textile et du cuir au sein du ministère de l’Industrie, a rappelé les agrégats financiers du secteur qui se traduisent par un chiffre d’affaires à l’export de 36,5 milliards de DH (MMDH) en 2019 puis de 28,6 MMDH en 2020, en baisse à cause notamment de la crise sanitaire. Il a également souligné que le ministère a accompagné 203 projets à travers une enveloppe de 5,41 MMDH. «L’investissement a concerné huit régions au Maroc, ce qui prouve que c’est un secteur pourvoyeur d’emploi, et sur lequel nous pouvons compter à l’avenir pour créer de la richesse», a-t-il souligné. 

L’impact du Plan d’accélération industrielle  

Par ailleurs, l’impact positif du Plan d’accélération industrielle (PAI) sur le secteur du textile a été mis en exergue lors de ce meeting. Le PAI, selon les différents intervenants, a contribué à l’émergence d’entreprises nationales résilientes. Pour Moulay Hafid Elalamy : «Le plan d’accélération industrielle a permis d'analyser l'état des lieux pour connaître les forces et faiblesses du secteur. Nous avons étudié différentes stratégies, et la mise en application du PAI a aussi permis aux opérateurs de créer leurs marques, et c’est une dynamique tout à fait nouvelle». 

Selon Ali Seddiki, Directeur général de l’Industrie au ministère de l’Industrie, le PAI a donné naissance à un partenariat industriel entre le public et le privé autour de six écosystèmes : le fast-fashion, la maille, le denim, la distribution, le textile à usage technique et le textile de maison. «Il y a un engagement mutuel qui est visible dans le secteur pour encadrer l’investissement, dans une optique d’encouragement d’une stratégie axée aujourd’hui sur le Made in Morocco».

In fine, il semble que le secteur du textile fait face à plusieurs défis tant d’un point de vue industriel que commercial. Cependant, les stratégies mises en place par le ministère de tutelle, et la résilience des industriels face à la crise, ont permis d’installer plus de confiance au sein du secteur.

Badr Chaou

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