Le Royaume amorce une nouvelle phase dans sa politique de soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises. Réunis à Rabat à l’occasion du lancement officiel du Pacte TPME, plusieurs responsables gouvernementaux et figures du tissu économique national ont affiché leur volonté de faire des TPME un levier central de transformation économique, de compétitivité et de création d’emplois.
Par M. A. L.
Organisée par l’Agence Maroc PME sous la présidence de Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, cette cérémonie a réuni notamment Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc, Chakib Alj, ainsi que plusieurs dirigeants d’institutions financières, responsables des Centres régionaux d’investissement (CRI) et figures de premier plan du tissu économique national.
Déclinaison opérationnelle de la stratégie Orbit 2030, le Pacte TPME ambitionne de rompre avec les approches fragmentées qui ont longtemps caractérisé les dispositifs publics d’accompagnement des entreprises. Le programme introduit une logique plus intégrée, fondée sur la proximité territoriale, la personnalisation des parcours et une meilleure coordination entre les différents intervenants.
L’objectif affiché est clair : permettre aux TPME marocaines de franchir un cap, dans un contexte où le tissu productif national reste largement dominé par des structures de très petite taille. Malgré leur poids prépondérant dans l’économie, constituant plus de 94% du tissu économique marocain, ces entreprises continuent de faire face à des difficultés persistantes en matière de financement, de productivité, de digitalisation ou encore d’accès aux marchés.
Le dispositif s’articule autour de plusieurs axes : amélioration de la compétitivité, soutien à la croissance, modernisation des outils de production, transition écologique, accompagnement à la restructuration ou encore renforcement des capacités managériales. Selon les projets, les mécanismes d’appui pourront atteindre jusqu’à 80%, voire 90% du coût de certains investissements.
«Tout l'enjeu aujourd'hui de ce programme, c'est de pouvoir offrir à ces PME le meilleur service, de manière partagée, qu'on puisse les accompagner à adopter des meilleurs systèmes d'information, pour qu'elles puissent fonctionner et avoir accès aux meilleures pratiques», a déclaré Ryad Mezzour. Prenant la parole lors de cette rencontre, Fatim-Zahra Ammor a insisté sur le rôle stratégique des TPME dans les secteurs créateurs de valeur, en l’occurrence le tourisme. «Au cœur de cette dynamique, nous avons fait le choix de placer les TPME au centre de notre action, car elles innovent, créent de l'emploi, animent les territoires et enrichissent l'expérience touristique marocaine», a-t-elle affirmé.
Illustrant cette dynamique sectorielle, la ministre a rappelé les performances enregistrées récemment par le secteur touristique marocain. Après avoir accueilli 13 millions de touristes en 2019, le Royaume est passé à 20 millions de touristes en 2025, générant ainsi 138 milliards de dirhams de recettes et permettant la création de 92.000 emplois sur les trois dernières années.
Selon la ministre, cette dynamique est le résultat d’une stratégie volontariste ayant mobilisé d’importants moyens publics. «8 milliards de dirhams ont ainsi été mobilisés en faveur du secteur, dont 6 milliards de dirhams consacrés à la mise en œuvre de notre feuille de route 2023-2026», a-t-elle précisé. Fatim-Zahra Ammor est également revenue sur plusieurs initiatives, lancées conjointement avec le ministère de l’Industrie et du Commerce afin d’accompagner les PME touristiques.
«Go Siaha, pour soutenir l'investissement dans l'animation touristique, la compétitivité des opérateurs, la transition verte des entreprises touristiques, et les incubateurs touristiques également pour faire émerger une nouvelle génération de TPME dans la gastronomie marocaine, dans le gaming et dans les services digitaux. Le programme Moukawala Siyahia, qui accompagne les TPME touristiques au niveau territorial à travers les sociétés de développement régionales. Et enfin, la banque de projets, avec plus de 900 opportunités concrètes prêtes à être déployées à travers le pays.», a-t-elle déclaré.
Pour Ammor, cette expérience a démontré qu’un accompagnement ciblé, territorial et coordonné pouvait produire des résultats concrets et inspirer des dispositifs à plus grande échelle.
«Le lancement de Pacte PME en est une belle illustration», a-t-elle estimé. À l’horizon 2030, le programme Pacte TPME vise l’accompagnement de 4.000 entreprises et la création ou la préservation de plus de 54.000 emplois. Au-delà des objectifs affichés, les autorités entendent surtout faire émerger un tissu d’entreprises plus solide, capable de soutenir durablement la croissance et de renforcer la souveraineté économique du Royaume.
Suivant cette même dynamique de structuration, la cérémonie a également été marquée par la signature de plusieurs conventions de partenariat avec des institutions financières et des acteurs publics, consacrant une approche davantage collaborative de l’accompagnement entrepreneurial.
«Maroc PME assistera les CRI de manière très, très proactive, pour faire en sorte que toute l'expérience acquise sur 24 ou 25 ans soit mise à la disposition des CRIs dans les régions, pour qu'elles accompagnent les projets d'investissement des TPME», a indiqué Ryad Mezzour. Par ailleurs, dans cette logique de repositionnement global, l’Agence Maroc PME a dévoilé sa nouvelle identité visuelle, symbole d’un repositionnement qui se veut davantage orienté vers l’impact économique, la lisibilité et la proximité avec les entreprises.