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Les céréales de la discorde

Les céréales de la discorde

Vladmir Poutine a encore montré sa «toute puissance» en décidant de ne pas renouveler l’initiative céréalière de la mer Noire, arrivée à expiration le 17 juillet courant. Cet accord a permis l’exportation de 33 millions de tonnes de céréales depuis 2022, vers 45 pays sur 3 continents. Les Occidentaux ont aussitôt réagi pour fustiger la décision des Russes.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a ainsi «fermement» condamné cette décision, la qualifiant de «cynique». Même son de cloche à Londres, où le gouvernement britannique l’a jugée «très décevante». Ces cris d’orfraie sont justifiés par le fait que cet accord est important pour la sécurité alimentaire mondiale. Surtout que les principaux bénéficiaires sont les pays en développement qui ont réceptionné 64% des exportations de blé dans le cadre de cette initiative céréalière.

Sur un autre registre, les observateurs craignent une nouvelle flambée des prix des matières premières, après l’accalmie observée ces derniers mois. En effet, après le recul enregistré en mai, l’indice FAO des prix alimentaires mondiaux a baissé en juin. Il s’est établi en moyenne à 122,3  points, soit une baisse de 1,7  point (1,4%) par rapport au mois de mai et de 37,4 points (23,4%) par rapport à son niveau record atteint en mars 2022. Quant à l’indice FAO des prix des céréales, il a diminué en juin, principalement en raison de la chute des prix mondiaux des principales céréales, notamment le maïs, l'orge et le sorgho.

La réduction de l’offre mondiale de céréales pourrait donc exacerber les tensions inflationnistes en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne qui représentent pratiquement 70% des importations mondiales de blé. Dans ces territoires, les prix des denrées alimentaires sont toujours à des niveaux élevés, même si l’inflation s’inscrit dans une tendance baissière. Et visiblement, cette accalmie repose sur un socle assez précaire, d’autant que l’évolution de la situation géopolitique internationale, particulièrement la guerre russo-ukrainienne, pourrait conduire à un revirement brusque de tendance.

Une situation que les autorités marocaines suivent de près, d’autant que pour combler son déficit, le Royaume devrait importer quelque 25 millions de quintaux de blé tendre d’ici fin septembre prochain, selon l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses. Et comme nous le signalions dans notre précédente édition, l’Etat va restituer la différence entre le coût d’achat du blé étranger et un prix d’importation de référence fixé à 270 DH le quintal. Cette subvention s’appliquera aux importations en provenance de Russie, d’Ukraine, de France, d’Allemagne, d’Argentine et des Etats-Unis.

 

 

Par D. William

 

 

 

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