Le programme national de reconstitution du cheptel connaît des avancées notables, marqué par l’établissement d’une base de données exhaustive recensant quelque 32,8 millions de têtes de bétail et près de 1,2 million d’éleveurs, a indiqué mardi à Rabat le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari.
Répondant aux questions orales à la Chambre des conseillers sur les « Mesures de préservation et de renforcement du cheptel national », le ministre a précisé que cette base de données permet désormais d’identifier les bénéficiaires de l’aide directe prévue dans le programme de soutien aux éleveurs. L’opération de bouclage du bétail, actuellement dans ses dernières phases, a ainsi permis d’identifier 25 millions de têtes à la date d’hier, représentant 92% des éleveurs recensés.
El Bouari a rappelé que l’aide directe s’adresse exclusivement au cheptel dûment recensé et identifié par boucles, selon un dispositif clairement défini. Pour les ovins, l’aide s’élève à 150 dirhams par tête pour les dix premières, puis 125 dirhams par tête entre 11 et 50 têtes, 100 dirhams entre 51 et 100, et 75 dirhams au-delà de 100 têtes.
Concernant les caprins, les dix premières têtes bénéficient d’une aide de 100 dirhams chacune, avant de passer à 85 dirhams entre 11 et 50 têtes, 75 dirhams entre 51 et 100, 60 dirhams entre 101 et 200, puis 50 dirhams pour les têtes dépassant ce seuil.
S’agissant des bovins et camelins, le montant est fixé à 400 dirhams par tête pour les cinq premières, puis 350 dirhams entre 6 et 10 têtes, 300 dirhams entre 11 et 50, 200 dirhams entre 51 et 100, et 150 dirhams pour les têtes dépassant ce dernier palier.
Le ministre a également évoqué une prime dédiée au maintien des femelles ovines et caprines destinées à la reproduction, recensées entre le 26 juin et le 11 août 2025 et dotées d’une boucle d’identification. Cette prime atteint 400 dirhams par femelle d’ovin et 300 dirhams par femelle de caprin, versée en deux tranches : une avance de 100 dirhams, suivie d’un deuxième versement — 300 dirhams pour l’ovin et 200 dirhams pour le caprin — à compter du 1er avril 2026, après vérification de la présence et du maintien des animaux concernés.
Dans ce cadre, El Bouari a souligné la coordination étroite menée avec le ministère de l’Intérieur et celui de l’Économie et des Finances afin d’assurer une gestion financière rigoureuse du programme et le versement de ces aides. À ce jour, les dossiers de 1.102.000 éleveurs ont été traités, et 4,465 milliards de dirhams ont été versés à près de 977.000 bénéficiaires, et ce en moins d’un mois.
Le versement de l’aide se poursuivra jusqu’à l’inclusion de tous les éleveurs recensés, a-t-il assuré, précisant que cette mesure contribue directement à la réduction des coûts de production et au renforcement de l’offre en viande rouge sur le marché national. Dans cette perspective, son département privilégie une approche proactive et participative pour éviter toute exclusion et garantir la stabilité de l’approvisionnement comme des prix. Les efforts visent ainsi à consolider et réorienter les projets d’agriculture solidaire, particulièrement dans l’élevage, à travers toutes les régions du Royaume, avec une approche territoriale impliquant les organisations professionnelles et assurant une convergence entre les divers intervenants.
Le ministre a rappelé que ce programme, étalé sur trois ans et doté d’une enveloppe globale d’environ 2 milliards de dirhams, cible notamment les jeunes et les femmes rurales. À ce jour, 68 projets ont été élaborés et validés, couvrant 46 provinces et 199 communes, pour un total de 28.000 bénéficiaires et un financement dépassant 544 millions de dirhams.
Le nombre total de projets solidaires dédiés à l’élevage devrait atteindre près de 200 à la fin du chantier, consolidant durablement la résilience du cheptel national, a conclu El Bouari.