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SOS emploi !

SOS emploi !

Le haut-commissariat au Plan (HCP) vient de publier une note édifiante concernant le marché du travail en 2023, qui dresse un portrait des caractéristiques et des principales tendances de la population active et ses composantes, notamment les personnes pourvues d’un emploi et celles en situation de chômage. Les données du HCP nous invitent à un examen approfondi des défis qui se dressent devant le Maroc.

La première tendance saisissante réside dans le taux d'activité qui a diminué de 0,7 point entre 2022 et 2023, pour atteindre 43,6%. Cette baisse est la résultante de l'augmentation de la population en âge d’activité (15 ans et plus) et de la diminution du volume des actifs de 0,2%, résultat d’une hausse de 1,8% en milieu urbain et d’une baisse de 3,5% en milieu rural.

Ainsi, alors que nos villes gonflent de vie, absorbant les aspirations de ceux qui cherchent un avenir meilleur, les contrées rurales semblent se vider de leur énergie laborieuse. Cette migration, empreinte de nécessité, éclaire les disparités géographiques qui, trop souvent, engendrent des inégalités. Pourtant, le poids de ces inégalités ne se borne pas à la géographie. Il s’étend à la féminisation en baisse de la force de travail, particulièrement criante dans les régions rurales.

Le profil des actifs montre ainsi que cette population est de moins en moins féminisée, avec un taux de féminité passant de 22,6% en 2022 à 22,1% en 2023. Ce constat est plus marqué en zones rurales (de 22,9% à 20,7%). Le défi de la qualification, crucial pour l’avenir économique du Maroc, est de taille pour un pays résolument tourné vers la modernité. Aujourd’hui, trop nombreux sont ceux qui peinent dans les tréfonds de l'analphabétisme, comme le montrent les chiffres : près de 50% des actifs n'ont aucun niveau scolaire ou ont le niveau fondamental en 2023.

Une faible qualification encore plus prononcée en zones rurales où elle concerne 71,6% des actifs dans ce milieu. La jeunesse se trouve particulièrement au cœur des enjeux. Offre-t-on aux jeunes les outils nécessaires pour transformer leur potentiel en réalité ? Leur offre–t-on suffisamment d’opportunités pour intégrer le marché du travail ? L’économie marocaine génère-t-elle suffisamment d’emplois pour absorber la masse de jeunes qui se retrouvent sur le marché du travail chaque année ? Les chiffres du chômage incitent, malheureusement, à répondre par la négative.

Avec un taux qui est passé de 11,8% en 2022 à 13% en 2023, le chômage touche principalement les jeunes : il est passé de 32,7 à 35,8% (+3,1 points) parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, de 19,2 à 20,6% (+1,4 point) pour les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 6,4 à 7,4% (1 point) pour celles de 35 à 44 ans, et de 3,3 à 3,7% pour celles de 45 ans et plus (+0,4 point).

Clairement, trop de jeunes se perdent dans les abysses du chômage et de la désillusion. Au vu de ces données alarmantes, il est indéniable que le Maroc est à la croisée des chemins, confronté à un impératif incontournable : celui d'une croissance robuste, inclusive et durable dans le temps. Ce qui semble improbable pour une économie dont la croissance est drivée par l’agriculture, elle-même dépendante d’une pluviométrie de plus en plus capricieuse. 

 

 

Par D. William

 

 

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