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Stress hydrique : Le cri d’alarme révélateur de Moulouya

Stress hydrique : Le cri d’alarme révélateur de Moulouya

La sécheresse plane sérieusement sur le Royaume. Plusieurs indicateurs sont très inquiétants. Des rivières et des cours d’eau sont à sec, générant un déficit hydrique au niveau des retenues d’eau des barrages. Cette situation présage des catastrophes écologiques imminentes.

Le cas de l’Oued Moulouya est révélateur à maints égards. Pour la première fois dans l’histoire, cette rivière ne se déverse plus dans la mer. Son débit a faibli à cause de la surexploitation de ses eaux et aussi du manque d’enneigement dans les montagnes de l’Atlas, là où elle puise sa source. 

Le barrage hydraulique Mohammed V, principal ouvrage sur le fleuve mis en service en 1967, disposait à son lancement d’une capacité de stockage d’eau de 650 millions de m3. Ces dernières années, elle a été réduite de moitié à cause du phénomène de l’envasement. Cette situation ne lui permet plus de retenir suffisamment d’eau et de la déverser régulièrement tout au long de l’année en aval de l’oued. Il est urgent de construire un nouveau barrage ou de procéder à la surévaluation de l’ouvrage existant.

En attendant, la situation devient très inquiétante. Sur 15 kilomètres à l’embouchure du fleuve, plusieurs exploitants sur les deux rives ont délaissé leur activité à cause de la nappe phréatique qui a été impactée par les eaux de la Méditerranée. 

Sur le plan écologique, des associations locales de protection de l’environnement ont tiré la sonnette d’alarme. La faune et la flore sauvages de cette zone humide de 4.500 ha, classée site d’intérêt biologique et écologique (SIBE), sont très menacées. Cette aire protégée regroupe trois grandes formations végétales. La première est la végétation des dunes, la deuxième est celle des bords du fleuve et des marécages et la troisième est la végétation de la plaine saline. La faune regroupe de nombreuses espèces. Au niveau des mammifères, on recense la présence de 24 espèces. Concernant l’herpétofaune, il existe 23 espèces  dont notamment le sep rifain, le lézard, la tortue grecque ou celle d’eau douce. A l’échelle des oiseaux, 208 espèces sont identifiées dont certaines sont de type migrateur.

Il faut rappeler que l’oued Moulouya s’étend sur une distance de 600 km et produit un débit moyen de 50 m3/s. Il dispose d’un bassin versant de 74.000 km2 et sa fonction principale est de drainer les eaux du Rif oriental et du Moyen-Atlas de l’Ouest.

Le cas de Moulouya n’est pas isolé. Oum Rabii est lui aussi impacté par le même phénomène. Certains barrages construits sur ce fleuve sont au bord du tarissement. Celui d’Al Massira présente une retenue d’eau de 218,3 millions de m3, soit un taux de remplissage 8,2% seulement et Bine El Ouidane est à 177,4 millions de m3, soit un taux de remplissage de 14,6%.
A l’embouchure, la profondeur a été sensiblement réduite condamnant les barques qui servaient pour la traversée à l’immobilité.

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