À quelques semaines des élections législatives, l’UNICEF appelle l’ensemble des parties prenantes à renforcer la prise en compte des droits de l’enfant dans les programmes électoraux et à poursuivre leur intégration au cœur de l’action du prochain Parlement et du futur Gouvernement.
Au cours de la dernière décennie, le Maroc a réalisé des avancées importantes en faveur des enfants. L’extension de la protection sociale, les réformes engagées dans les secteurs de la santé et de l’éducation, le lancement des programmes territoriaux de développement intégrés ou encore le renforcement du cadre politique et juridique de protection de l’enfance témoignent d’une dynamique de progrès significative.
Les chiffres rappellent à l'ordre
Malgré ces acquis, des défis majeurs continuent de freiner la réalisation des droits de nombreux enfants. Chaque année, près de 8 000 nouveau-nés meurent avant la fin de leur premier mois de vie. Plus de 276 000 élèves ont quitté l’école au cours de l’année scolaire 2024-2025. La même année, près de 103 000 âgés entre 7 et 17 ans étaient encore exposés au travail des enfants. Environ 6,9 millions d’enfants subissent déjà les conséquences croissantes du stress hydrique et du changement climatique.
Ces défis montrent l’urgence d’accélérer les efforts afin que chaque enfant, où qu’il vive, puisse accéder à des services de qualité et bénéficier pleinement des effets des politiques publiques mises en place.
2030 en ligne de mire
A l’occasion de l’échéance des Objectifs de développement durable en 2030, les prochaines années constituent une occasion décisive de renforcer l’investissement dans les enfants et de traduire les ambitions du Nouveau Modèle de Développement en résultats tangibles pour chaque enfant.
Dans cette perspective, l'UNICEF a formulé une série de propositions concrètes à destination des différentes parties prenantes, couvrant la santé, l'éducation, l'inclusion sociale, la protection de l'enfance et la résilience climatique.
Pour Laura Bill, Représentante de l'UNICEF au Maroc, cet appel s'inscrit dans la continuité de la mission de l'organisation : proposer des pistes d'action fondées sur des données probantes, pour consolider les acquis et transformer les politiques publiques en résultats durables. Elle insiste aussi sur un point : associer davantage les nouvelles générations à la construction de leur propre avenir.
Cinq chantiers, une seule ambition
L'Appel de l'UNICEF ne se contente pas de dresser un constat : il détaille cinq priorités assorties de mesures concrètes et d'un calendrier sur cinq ans. Côté inclusion sociale, l'organisation plaide pour transformer les Aides Sociales Directes en un véritable « bouclier social intégré », combinant revenu, soins et accompagnement humain, notamment via un réseau de travailleurs sociaux de proximité. En santé, l'accent est mis sur la réduction de la mortalité néonatale, encore responsable de près de 8 000 décès par an, à travers le déploiement des Groupements Sanitaires Territoriaux et un renforcement des sages-femmes dans les zones rurales.
Sur le volet éducatif, l'UNICEF propose d'exploiter la plateforme Massar et l'intelligence artificielle pour repérer précocement les élèves à risque de décrochage, tout en structurant les écoles de la deuxième chance. En matière de protection de l'enfance, l'organisation appelle à généraliser les Dispositifs Territoriaux Intégrés de Protection de l'Enfance (DTIPE), déjà testés à Agadir, Oujda, Tanger et Béni Mellal. Enfin, face au stress hydrique qui touche 6,9 millions d'enfants, l'Appel recommande d'intégrer la vulnérabilité infantile dans les grands instruments climatiques du Royaume, la CDN et le Plan national d'adaptation.