Cinq jours après les législatives, l’affaire des irrégularités électorales à Tanger prend une nouvelle dimension. Le ministère de l’Intérieur a dépêché une commission centrale d’inspection sur place. Dans le même temps, le PAM, qui dénonçait initialement un « scénario monté », adopte un discours plus prudent et se dit prêt à tirer les conséquences de toute responsabilité établie par les enquêtes.
Le dossier de Tanger est loin d’être refermé. Après les événements survenus dans deux bureaux de vote de la circonscription Tanger-Assilah lors des législatives du 23 septembre, le ministère de l’Intérieur a décidé d’envoyer une commission centrale d’inspection sur place.
Sa mission : reprendre les faits, examiner les données disponibles et déterminer les éventuelles responsabilités. Le ministère prévient déjà que les conclusions de cette enquête pourront déboucher sur les mesures administratives nécessaires.
Cette investigation administrative vient s’ajouter au volet judiciaire ouvert après les incidents du jour du scrutin. L’objectif est désormais de comprendre précisément ce qui s’est passé dans les deux bureaux concernés et d’identifier les personnes éventuellement impliquées.
Le PAM passe à un autre registre
Le 23 septembre, alors que l’affaire venait d’éclater, le parti avait immédiatement contre-attaqué. Il dénonçait un « scénario monté » et une opération destinée, selon lui, à porter atteinte à son image et à celle de ses candidats. Dans le même communiqué, il réclamait toutefois une enquête pour établir les faits.
Cinq jours plus tard, le ton a changé. La direction collégiale du PAM salue désormais les investigations engagées et dit attendre que « toute la vérité » soit établie. Plus significatif encore, le parti affirme qu’il assumera les conséquences politiques et organisationnelles si les enquêtes judiciaires ou administratives établissent une implication à quelque niveau que ce soit. Ce nouveau discours ne vaut évidemment pas reconnaissance de responsabilité. Mais le registre n’est plus tout à fait le même : la défense immédiate laisse davantage de place à l’attente des conclusions des enquêteurs.
Une affaire désormais très politique
Le timing donne forcément à l’affaire une résonance particulière. Le PAM vient de remporter les législatives avec 97 sièges et occupe désormais la première place dans le nouveau paysage parlementaire. Un autre élément alimente les interrogations : six jours après le scrutin du 23 septembre, la nomination du Chef du gouvernement reste attendue. Un délai qui contraste avec 2021, lorsque deux jours seulement avaient séparé les législatives du 8 septembre de la nomination d’Aziz Akhannouch, le 10 septembre.
Faut-il y voir un lien avec les développements de l’affaire de Tanger et les investigations toujours en cours ? À ce stade, rien ne permet de l’affirmer. Aucun élément officiel n’établit de relation entre le calendrier de nomination et cette enquête. La concomitance des deux séquences intervient néanmoins à un moment où les conclusions des investigations sur Tanger restent attendues.
La prochaine étape sera donc décisive : les conclusions des enquêtes devront établir les faits, identifier les éventuelles responsabilités et déterminer les suites à donner à cette affaire.