IKtissadkom a ouvert, mardi 7 juillet à Casablanca, une série de rencontres-débats, modérée par l’économiste Mehdi El Fakir et placée sous le thème : « Les enjeux économiques des élections de 2026 ».
Pour inaugurer ce cycle, le Parti de la justice et du développement (PJD) a ouvert le bal avec une intervention de son premier vice-secrétaire général, Idriss Azami Al Idrissi.
À cette occasion, il a défendu le bilan économique des gouvernements dirigés par son parti, rappelant notamment que le financement participatif enregistre une croissance annuelle moyenne de près de 17% depuis son lancement effectif en 2018, que la Mourabaha immobilière représente aujourd’hui près de 12% du financement du logement et que 90% des bénéficiaires des banques participatives ont accédé, pour la première fois, aux services bancaires.
Il a également souligné que les dépôts bancaires sont passés de 485 à 513 milliards de dirhams.
«Les élections de 2026 ne portent pas uniquement des enjeux économiques, elles soulèvent avant tout un enjeu démocratique, qui constitue le socle de tout développement économique et social. Il ne peut y avoir de développement sans démocratie. Les citoyens doivent pouvoir s’exprimer librement, évaluer le bilan des gouvernements et choisir entre différents projets de société. C’est cette confiance dans les institutions qui permet ensuite de créer un environnement favorable à l’investissement et à la croissance», a d’emblée déclaré Idriss Azami Al Idrissi.
Le premier vice-secrétaire général du PJD a ensuite défendu les réformes engagées par les gouvernements de son parti.
«Les réformes que nous avons conduites ont permis d’améliorer le climat des affaires, d’élargir l’inclusion financière, d’encourager l’investissement et de renforcer la confiance des opérateurs économiques. En revanche, le gouvernement actuel n’a pas réussi à dépasser la crise de confiance qui continue de peser sur l’économie nationale. Sans confiance, aucune politique économique ne peut produire pleinement ses effets», a-t-il expliqué.
Idriss Azami Al Idrissi a qualifié les résultats des banques participatives, de «plus que remarquables», estimant qu’elles ont permis d’intégrer des milliers de citoyens jusque-là exclus du système bancaire.
«Près de 90% des bénéficiaires du financement participatif ont eu accès, pour la première fois, au financement bancaire. Cela montre que cette réforme a favorisé une véritable inclusion financière et offert aux Marocains une liberté de choix entre les banques conventionnelles et les banques participatives», assure-t-il.
Pour ce qui est du climat des affaires, Idriss Azami a affirmé que le premier élément est la confiance de l’investisseur, qu’il soit entrepreneur ou chef d’entreprise.
«Aujourd’hui, le climat des affaires décourage davantage les investisseurs qu’il ne les attire. L’État doit être au service des entreprises et des citoyens, dans le respect de la neutralité, de la transparence et sans conflit d’intérêts. C’est à cette condition que nous pourrons restaurer la confiance et renforcer l’attractivité du Maroc», a-t-il soutenu.
Le responsable politique a également estimé que l’un des principaux défis de l’économie marocaine réside dans sa capacité à créer suffisamment d’emplois.
«La concentration des grands projets entre les mains d’un nombre limité d’entreprises ne permet pas de créer suffisamment de postes. Une meilleure répartition des investissements entre un plus grand nombre de PME favoriserait l’émergence d’un tissu économique plus dynamique et contribuerait à une création d’emplois plus importante».
Sur le plan macroéconomique, Idriss Azami Al Idrissi a reconnu que le Maroc dispose d’indicateurs solides et d’une stabilité institutionnelle importante.
Il a toutefois estimé qu’«une partie des résultats enregistrés ces dernières années repose sur des ressources exceptionnelles et non sur des réformes structurelles durables», appelant à un débat national sur les déséquilibres qui, selon lui, continuent de freiner le modèle économique du Royaume.
La fiscalité a également occupé une place importante dans les échanges. Idriss Azami a estimé que la hausse des recettes de l’impôt sur les sociétés et de la TVA «ne traduit pas nécessairement une amélioration de la croissance, mais reflète davantage un renforcement de la pression fiscale sur les entreprises».
Il a plaidé pour une réforme conciliant les besoins de financement de l’État avec la préservation de la compétitivité des entreprises, tout en appelant à un meilleur accompagnement des auto-entrepreneurs.
Autre point abordé, le marché financier. Là encore, le premier vice-secrétaire général du PJD a estimé que la Bourse de Casablanca demeure sous-exploitée.
Il a appelé à faciliter l’introduction en Bourse des PME, des startups innovantes et des entreprises industrielles, ainsi qu’à accélérer celle de plusieurs établissements publics, afin d’élargir les sources de financement et de soutenir davantage l’économie nationale.
I.Z