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Maroc – France – Mali: Les errements de la diplomatie algérienne

Maroc – France – Mali: Les errements de la diplomatie algérienne

L’Algérie vient de se faire rappeler à l’ordre par le gouvernement malien. Maroc, France… et maintenant le Mali : la diplomatie algérienne est dans une logique conflictuelle et s'égare de plus en plus dans des impasses politiques.

 

Par D. William

Dans les arcanes de la diplomatie algérienne, le tableau est loin d'être flatteur. L'échec retentissant de la politique extérieure algérienne est une triste réalité, marquée par des errements pathétiques qui témoignent d’une méconnaissance profonde des rouages des relations internationales. Depuis quelques années maintenant, l'Algérie semble s'embourber dans une série de déboires qui la décrédibilisent sur la scène internationale.

Dernier fait d’armes de la diplomatie algérienne : «les cas d’hostilité et d’ingérence dans les affaires intérieures» du Mali. Les tentatives maladroites d'imposer un délai de transition unilatéral au Mali et l'accueil d'individus subversifs témoignent d'une diplomatie tâtonnante et erratique, incapable de naviguer avec succès dans les eaux troubles des relations internationales. Ce que les autorités maliennes ont fermement condamné, renforçant l'idée d'une diplomatie algérienne perçue comme condescendante et méprisante envers ses voisins.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, le gouvernement de transition dénonce «l'imposition d'un délai de transition aux autorités maliennes, de manière unilatérale; l'accueil sans concertation ou notification préalable et au plus haut sommet de l'Etat algérien de citoyens maliens subversifs et de citoyens maliens poursuivis par la justice du Mali pour actes de terrorisme».

De même, il condamne «l'existence sur le territoire algérien de bureaux assurant la représentation de certains groupes signataires de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger, devenus aujourd'hui des acteurs terroristes». Par ailleurs, le gouvernement malien, qui a mis «fin, avec effet immédiat» à l'accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger, et dénoncé son «instrumentalisation par les autorités algériennes», souligne «une perception erronée des autorités algériennes qui considèrent le Mali comme leur arrière-cour ou un Etat paillasson, sur fond de mépris et de condescendance».

En outre, il invite les autorités algériennes «à se remémorer leur responsabilité dans la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel», notant dans ce cadre que «l'installation dans le Sahara du groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, puis son allégeance à Al-Qaida ont marqué l'avènement du terrorisme international dans la région». Et de se demander quel serait «le sentiment des autorités algériennes, si le Mali devrait accueillir au plus haut sommet de l'Etat, des représentants du mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie».

D’ailleurs, le leader du Mouvement de l’autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, a vite fait de s’engouffrer dans la brèche pour réagir à ce coup de gueule des autorités maliennes. Dans un tweet publié le 27 janvier, il relève, entre autres, que «le porte-parole du gouvernement de transition au Mali, le Colonel Maïga, vient de rendre public un communiqué dans lequel il dénonce les manœuvres et complots algériens pour déstabiliser son pays. Le Mali a enfin compris le jeu malsain des généraux algériens qui veulent faire de leur pays *l'arrière-cour* de l'Algérie, faire de lui un État vassal, à l'image de la Tunisie actuelle. Il nous apprend aussi ce que nous savions déjà depuis près de 20 ans : l'AQMI est un appendice des services secrets algériens…».

Avec la France aussi, c’est «je t’aime moi non plus»… Les relations entre l’Algérie et la France ont toujours été tumultueuses, symbolisées par un écheveau complexe de passé colonial, de fierté nationale et de défis diplomatiques. Ces deux pays se retrouvent souvent à jongler entre la nécessité de tourner la page du passé et l'obligation de faire face aux réalités présentes.

Aujourd’hui encore, l'histoire franco-algérienne, marquée par la colonisation, la guerre d'indépendance et les cicatrices qui en découlent continue de peser sur les relations bilatérales. Les décennies écoulées n'ont pas effacé les pages de cette histoire commune et n’ont pas, non plus, créé un terrain fertile pour une coopération harmonieuse. La France et l’Algérie dansent ainsi souvent sur un fil ténu, où le partenariat bilatéral a pour socle le manque de confiance et la méfiance, ce qui entraine des vagues de tensions vives et régulières.

Deux exemples pour le démontrer. Le 2 octobre 2021, l'Algérie rappelait pour 3 mois son ambassadeur en France, après des propos tenus par le président français. Emmanuel Macron estimait qu'après son indépendance en 1962, l'Algérie s'est construite sur «une rente mémorielle», entretenue par «le système politico-militaire». Il évoquait aussi «une histoire officielle», selon lui, «totalement réécrite» qui «ne s'appuie pas sur des vérités», mais sur «un discours qui repose sur une haine de la France».

Le mercredi 8 février 2023, nouveau coup de froid entre Alger et Paris. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune décidait de rappeler «pour consultations» son ambassadeur en France. Motif : «l'exfiltration» de la militante et journaliste Amira Bouraoui via la Tunisie.  L'Algérie, via une note officielle, a «protesté fermement contre l'exfiltration clandestine et illégale d'une ressortissante algérienne» vers la France. Peu avant le rappel de l'ambassadeur algérien à Paris, le ministère algérien des Affaires étrangères avait indiqué avoir exprimé, dans une note officielle, à l'Ambassade de France «la ferme condamnation par l'Algérie de la violation de la souveraineté nationale par des personnels diplomatiques, consulaires et de sécurité relevant de l'Etat français».

Ces personnels «ont participé à une opération clandestine et illégale d'exfiltration d'une ressortissante algérienne dont la présence physique sur le territoire national est prescrite par la justice algérienne». Si, actuellement, les relations semblent apaisées entre les deux pays, ce n’est pas non plus le fol amour, Alger et Paris peinant toujours à s’accorder sur la visite de Tebboune en France, plusieurs fois reportée. … Et c’est pire avec le Maroc L'Algérie, loin de cultiver des relations de bon voisinage avec le Maroc, préfère attiser les tensions de manière continue. Elle choisit le conflit au lieu de la paix, l'antagonisme plutôt que la coopération. C’est pourquoi elle a décliné plusieurs fois la main tendue par le Roi Mohammed VI.

Cette attitude dénuée d'intelligence politique conduit à un isolement et compromet la stabilité dans la région, Alger soutenant le polisario, un groupe séparatiste armé réputé pour sa collusion avec le terrorisme et le crime organisé. Cette diplomatie de l’absurde d’un régime obsédé par le maintien de ses privilèges indus et miné par la corruption, illustre un leadership paranoïaque. Le politologue Mustapha Tossa ne dit pas autre chose. «Ce qui caractérise cette diplomatie algérienne est son côté erratique, démunie de toute cohérence, élaborée par des cercles militaires dénués de toute compétence avec une seule boussole : leur haine et leur défiance envers le Maroc. Sa grande particularité est d’entretenir des tensions permanentes avec le voisinage, notamment une rupture avec le Maroc, une domination-chantage avec des pays comme la Tunisie et la Mauritanie.

Et, aujourd’hui, une crise ouverte avec le Mali qui peut dégénérer en conflit armé ouvert. La diplomatie algérienne est une diplomatie de tension permanente et de conflits multiples», analyse-t-il. C’est pourquoi d’ailleurs elle tient le Maroc responsable de tous les déboires que connaît ce pays. Ces viles manœuvres, émaillées d'accusations absurdes et infondées à l’égard du Royaume (www.laquotidienne.ma, révèlent une obsession maladive plutôt qu'une démarche politique constructive. Et témoignent, surtout, d’une forme d’incompétence d’un pouvoir qui tente de détourner le regard du peuple algérien sur le Maroc pour camoufler les faillites de ses politiques économique et sociale. Ce que confirme Tossa.

Selon lui, «le régime algérien, basé sur une militarisation excessive et une prédation économique, pour survivre et continuer à exister, a besoin d’un ennemi extérieur fantasmé, une forme d’épouvantail pour tenter à travers lui de mobiliser en interne. Tant que ce régime parvient à convaincre son opinion de l’éminence d’un danger extérieur venu du Maroc, il continuera à jeter l’huile sur le feu et à anesthésier toute velléité d’opposition ou de critique».

Qui est à plaindre dans tout ça ? La population algérienne. Car les aspirations populaires pour un changement significatif semblent se heurter à une diplomatie qui, au lieu d'œuvrer pour le bienêtre du peuple, s'égare dans des impasses politiques. On en a pour preuve la tentative de se rapprocher de la Russie et les éloges maladroits du président algérien pour séduire Vladimir Poutine, qui ne font qu'accentuer l'isolement de l'Algérie sur la scène internationale.

«Je crois que ce rapprochement avec la Russie a valu au régime algérien une colère américaine qui est allée jusqu’à faire miroiter des menaces de sanctions internationales contre l’Algérie. Aujourd’hui, on assiste à un refroidissement de la relation entre Alger et Moscou, comme le montre la crise avec le Mali. Bamako accuse le régime algérien de soutenir des organisations terroristes, un tournant important quand on rappelle que l’actuel régime malien est soutenu à brasle- corps par les Russes, censés être des alliés du régime algérien», conclut Tossa.

 

 

 

 

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