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Le Maroc sous cloche : Et si l’on restait entre nous !

Le Maroc sous cloche : Et si l’on restait entre nous !

Désormais, c’est nous dans nous. Entre Marocains et étrangers résidant au Maroc. Avec la compagnie (forcée) de tous ceux qui sont bloqués dans le Royaume faute d’avoir pu rentrer chez eux à temps, et qui pestent contre les autorités marocaines qui ont décidé de suspendre les liaisons aériennes.

Et l’absence des Marocains et résidents dans le désarroi de l’autre côté des frontières, qui tambourinent désespérément aux portes du Royaume pour rentrer au bercail.
En moins de deux, le Royaume s’est bunkérisé (comme ce fut le cas en mars 2020) pour échapper au variant Omicron et à la vague épidémique qui frappe l’Europe.
Cette décision radicale suscite forcément des réactions diverses, et certainement compréhensibles, en raison de ses incidences.
D’un point de vue économique, elle est logiquement très décriée. Elle va plomber une économie qui peine déjà à se remettre de cette longue crise, et qui affichait des signes de raffermissement depuis quelques mois. Plus particulièrement, c’est tout l’écosystème touristique qui va morfler, sacrifié sur l’autel de la préservation des acquis du Royaume en matière de gestion de la pandémie.

D’un point de vue sanitaire, la décision peut amplement se justifier. Il faut juste regarder ce qui se passe au-delà des frontières marocaines.

D’abord, l’Europe, devenue l’épicentre de l’épidémie, est frappée par la flambée des cas : rien qu’en France, les contaminations flirtent avec près de 50.000 cas ces trois derniers jours.

Ensuite, le variant Omicron, que l’on dit très contagieux, se mondialise de plus en plus. L’Organisation mondiale de la santé, qui le juge «préoccupant», estime d’ailleurs «élevée» la «probabilité qu’Omicron se répande au niveau mondial». Il est déjà présent dans tous les continents et se propage de plus en plus.
Pendant ce temps, au Maroc, les indicateurs sanitaires se sont considérablement améliorés, justifiant l’allègement des restrictions. 
Convenons-en : par rapport à ce qui se passe ailleurs actuellement, le Royaume a, effectivement, des acquis. Et nous n’en voudrons pas aux autorités de signifier leur volonté de vouloir les préserver.

Bien au contraire. Car ce sont ces acquis qui permettent aujourd’hui aux citoyens de se poser dans un café, d’aller au restaurant, de circuler la nuit, d’avoir plus d’interactions sociales…

Personne ne voudrait revivre demain les restrictions de déplacement, le couvre-feu, voire un nouveau confinement. 

Certes, la suspension des liaisons aériennes ne constitue nullement une garantie qu’Omicron ne fera pas un séjour au Royaume de l’hospitalité, mais, comme dirait l’autre, mieux vaut prévenir que guérir. C’est le propre du principe de précaution, même si, au final, la facture économique sera salée. 

Il est donc clair que le gouvernement est devant un dilemme permanent.

Il doit constamment, depuis le début de cette pandémie, ménager la chèvre et le chou, à travers un arbitrage très délicat : protéger la santé des citoyens, tout en essayant de ne pas sacrifier l’économie. Un choix cornélien, qui l’a obligé, dimanche 28 novembre dernier, à nous faire vivre en complète autarcie. Pendant combien de temps ?
Seul l’avenir nous le dira.

F. Ouriaghli

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