Le centre du Mali a de nouveau été frappé par des attaques jihadistes meurtrières vendredi, faisant plusieurs dizaines de morts selon des sources locales et sécuritaires.
Ces violences interviennent dans un contexte de forte dégradation sécuritaire, quelques jours seulement après une offensive d’ampleur menée fin avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA).
Selon des responsables locaux, les groupes armés ont attaqué plusieurs villages du centre du pays, notamment Kouroude et Dougara. Le bilan cumulé des attaques de mercredi et vendredi dépasse désormais les 70 morts, certaines sources évoquant même jusqu’à 80 victimes, en plus de plusieurs disparus.
Une source sécuritaire affirme que le JNIM cible particulièrement les villages ayant refusé de signer des accords locaux avec les jihadistes.
Dans un communiqué, la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a condamné des “attaques barbares et ignobles”, qualifiées de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire.
Ces nouvelles violences interviennent alors que la junte malienne traverse une période particulièrement délicate. Depuis les attaques coordonnées des 25 et 26 avril, les autorités militaires ont perdu le contrôle de plusieurs localités stratégiques du nord du pays, dont Kidal. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, figure centrale du régime, a également été tué.
Par ailleurs, les groupes jihadistes imposent depuis plusieurs jours un blocus sur plusieurs axes routiers menant à Bamako, incendiant des véhicules de transport et accentuant la pression sur les autorités.
Malgré ce climat tendu, environ un millier de personnes se sont rassemblées samedi dans la capitale malienne pour afficher leur soutien à la junte du général Assimi Goïta.